'J^' ^'^^^r%^'^., HARVARD UNIVERSITY. LIBRARY MUSEUM OF COMPARATIVE ZOOLOGY. X^\\A^^(^^ HISTOIRE NATURELLE DES CRUSTACÉS. HISTOIRE NATURELLE DES CRUSTACÉS, contenant leur Description et leui^ Mœurs ; AVEC FIGURES DESSINÉES d'APRÈS NATURE^ PAR L. A. G. BOSC, Membre des Sociétés d'Histoire Naturelle de Paris , Bordeaux et Bruxelles ; de la Société Philomaticjue de Paris ; de la Société Linnéenn» de Londres , et de l'Académie de Turin. TOME PREMIER, DE L'IMPRIMERIE DE GUILLEMINEï. A PARIS, Chez Deterville , rue du Battoir, n° i6« "^ A N X, MC2 ^ m:v- ' "■■f' : ■'Vf ■ *M,- . . :^ HISTOIRE NATURELLE DES CRUSTACÉS. INTRODUCTION. Xi E s progrès des connoissances hu- maines n'ont jamais suivi une marche réguKère. On a remarqué , dans toutes les époques , qu'une branche étoit phis cultivée qu'une autre , sans qu'on pût assigner des causes à la préférence qu'on lui accordoit. Des circonstances presque toujours inconnues aux per- sonnes même sur lesquelles elles agis- sent , donnent aux études une direction particulière , aux travaux un mode déterminant, qui se fait sentir pendant une suite d'années , après lesquelles Crustacés. i s INTRODUCTION. d'autres causes , du même genre , amè- nent à un nouvel ordre d'idées domi- nantes, et obligent les sa vans à porter leurs méditations sur des objets jus- qu'alors dédaignés. Cette observation s'applique à l'His- toire Naturelle encore plus qu'aux au- tres sciences. On a vu , malgré les ra- pides progrès qu'elle a faits depuis un siècle, quelques-unes de ses parties res- ter en arrière des autres , être négli- gées à un point inconcevable , sans qu'on puisse dire pourquoi , car plu- sieurs, parmi ces derniers, avoient un degré d'utilité plus réel , un but d'étude plus intéressant que d'autres jouissant de la faveur académique. Parmi les classes ainsi injustement délaissées , se présente celle des crus- tacés , de ces animaux analogues aux crabes et aux écrevisses , dont beaucoup fournissent un aliment agréable , ou sont pourvus d'une organisation remar- INTRODUCTION. 3 quable. On ne l'a que fort peu observée jusqu'à présent , et la France ne pos" sède aucun ouvrage propre à la faire connoître comme elle le mérite. Les Grecs appeloient les crustacés MaXayioçiputia, et les Latins Crustacea , c'est-à-dire couverts d'une croûte dure , mais non pierreuse , comme celle des coquillages. Aristole leur a consacré un chapitre entier, où il les considère sous tous les rapports , et où il décrit les. espèces les plus connues de son temps. Athé- née et Hj^pocrate les mentionnent dans leurs ouvrages , à raison de leur usage dans les alimens et en médecine. Pline en a également parlé ; mais il s'étend cependant moins à leur égard qu'Aristote. On les trouve encore rap- pelés, par occasion, dans quelques au- tres auteurs anciens. Tous ces auteurs , soit grecs , soit la- tins j ont considéré les crustacés comme 4 INTHODUCTION. faisant partie de la classe des poissons , ou mieux , comme une classe à part , intermédiaire entre les poissons et les coquillages. Les premiers Naturalistes modernes qui ont écrit sur les crustacés , tels que Rondelet, Bélon , Gesner , Aldro- vande , Jonston , en firent également une classe particulière, immédiatement placée après les poissons ou les mollus- ques. Mais lorsque Linnécus voulut faire la grande réforme, qu'on lui doit, dans toutes les parties de l'Histoire Natu- relle , il trouva que les crustacés ayant des antennes, des pattes articulées en charnière, et une enveloppe crustacée, dévoient être placés parmi les insectes , et en conséquence il les mit , sans con- sidérer leur organisation intérieure , dans la classe des insectes sans ailes , ou aptères. Non seulement il a commis cette ei'reur , qui, quoique conséquente INTHODUCTION, 5 à ses priDcipes , auroit du être évitée par lui, mais, encore, il n'a pas porté sur les crustacés toute l'attention inves- tigatrice dont il étoit pourvu. Il n'a cherché ni à étudier les caractères d'a- près lesquels on pouvoit les diviser en plusieurs genres, ni à débrouiller le chaos de leurs espèces. Il s'est contenté de les diviser en deux grandes sections , c'est- à-dire en CRUSTACÉS brachyures , queue courte , et en crustacés ma- croures, queue longue, et de décrire les espèces les plus saillantes , celles dont la sjnonjmie n'étoit point dou- teuse. Enfin , ce grand Naturaliste a été si fort au-dessous de lui-même dans ses travaux sur les crustacés , qu'il a oublié presque toutes les petites es- pèces , si communes en Suède comme par-tout ailleurs; espèces que Muller a lait connoitre depuis sous le nom gé- néral d'insectes testacés, ou entomos- tracés. 6 INTRODUCTION. Depuis la première édition du 5^^- tema Naturœ de Linnœus , jusqu'à l'ap- parition du Système entomologique de Joli. Chri. Fabricius, onafaitconnoître, par descriptions et gravures , beaucoup d'espèces de crustacés 5 mais, à l'excep- tion de l'ouvrage de MuUer, cité plus haut , il n'a rien été imprimé qu'on puisse dire avoir amélioré les principes de la science. Quelques auteurs ont bien distingué les crabes des écrevisses , mais sans s'appuyer de raisons suffisam- ment valables. C'est donc à Fabricius , à ce célèbre entomologiste , quia fait faire des pro- grès si rapides à l'étude des insectes , que fou doit la première amélioration qui ait été tentée dans la classification des crustacés. Comme élève de Linnéeus , et par- tant du principe, alors généralement reconnu , que les crustacés étoient des insectes , il les soumit à la méthode INTRODUCTION^. 7 qu'il a crdée. En conséquence , il ana- lysa leur bouche , leurs instrumens du manger , pour se servir de ses expres- sions , et le résultat de son examen le porta à en faire une classe particulière, qu'il appela agonata , et dont le carac- tère fut, en langue systématique , Os maxillis palpisque quatuor aut sex , maxillâ infe.riore nulla. Il plaça cette classe entre les synistata , qui com- prennoient les ichneumon , les guêpes , les abeilles , etc. , et les unogata , qui comprenoient les libellules , les arai- gnées, etc. Fabricius rapporta à cette classe le genre du scorpion , et il divisa les ccr/i- cer àe Linnœus , c'est-à-dire tous les crustacés connus , aux entomostracés de MuUer près , eu cinq genres , savoir : Les Crabes, Cancer ; dont le carac- tère fut quatre palpes (i) couvrant la (i) Les palpes sont , dans Fabricius , C9 s INTRODUCTION. bouche, et quatre antennes filiformes^ dont les postérieures ont la dernière articulation divisée en deux. Ce sont les crabes et les cancres des auteurs français. Les Pagures, Pàgurus ; dont le ca- ractère fut quatre antennes pédoncu- 3ées , inégales, les antérieures sétacées, ]es postérieures filiformes , avec la der- nière articulation bifide. Ce sont les bernard l'hermite des auteurs français. Les Scyllares , Scyllarus ; dont le caractère fut deux antennes filiformes, dont la dernière articulation est bifide 5 deux écailles à deux articulations , en place des antennes postérieures. La squille large des Français. que Geoffroy appelle les antennules , c'est- à-dire, ces organes alongés , arlioulcs, c(ui se voieût à côté de la Louclie. INTRODUCTION. 9 Les écrevisses , Astacus ; dont le ca- ractère fut quatre antennes pédoncu- lées, les antérieures alongées 5 sétacées, les postérieures divisées en deux. Ce sont les homars , les écrevisses des Français. Les Crevettes , Gammarus ; dont le caractère fut quatre antennes simples , sessiles , les antérieures courtes , et en alênes, les postérieures sétacées. Ce sont les crevettes des Français. Quant aux autres crustacés, aux en- tomostracés de Muller , Fabricius les réunit tous sous le nom générique de Monoculus j ainsi que Linnaeus l'a voit fait , et les plaça au commencement de la classe des sjnistates , à côté des clo- portes , et leur donna pour caractère quatre palpes , dont les antérieures sont filiformes , et des antennes souvent ra- meuses. lO INTRODUCTION. Fabricius conserva cet ordre de choses dans son Species et son Mantissa insectorum ; mais il fît quelques chan- gemens dans l'édition suivante, inti- tulée, Entomologia systematica. Là , on ne voit plus les scorpions avec les crustacés; mais on y trouve les monocles, et trois genres de plus, savoir : Hippa , dont le caractère est deux antennes pédonculées , sétacées , cou- vertes de poils 5 Limulus , dont le caractère est qua- tre palpes de chaque côté ; les trois postérieurs armés de pinces ; les man- dibules armées également de pinces , ©t les antennes nulles ; Cymothoa , dont le caractère est : bouche sans palpes et sans mandi- bules ; quatre antennes égales et ses- siles. INTRODUCTION. II Dans toutes ces éditions , Fabricius avoit réuni , aux espèces dont il avoit d'abord étudié le caractère, toutes les nouvelles espèces dont il s'étoit procuré la vue , et ce , sur leur apparence gé- nérale , leur faciès, comme disent les Naturalistes , sans s'assurer , par l'ana- tomie de leur bouche , si réellement ils appartenoientaux genres parmi les- quels il les plaçoit. D'un autre côté, le nombre des espèces, sur-tout dans les genres crabe et écre visse , étoit devenu si nombreux , qu'elles exigeoient de nouvelles coupures pour pouvoir être étudiées avec facilité. Ces considérations déterminèrent Fabricius , que domine le seul désir de voir se perfectionner la science, qu'il cultive avec tant de succès , à publier, dans un supplément qu'il vient de faire paroître , un très-grand travail de son élève et ami Daldorf ; travail qui change entièrement de face ce qui Ï2 INTRODUCTION. a voit été fait jusqu'à présent sur les crustacés. Le travail de Daldorf , adopté par Fabricius , est d'une grande importance, et peut même être regardé comme fondamental. On en auroit donné ici la traduction entière , si les bornes de l'ouvrage l'avoient permis. On se con- tente en conséquence , de donner une traduction des caractères génériques abrégés , tels que Fabricius les a fait imprimer à la tête de chaque genre. D'abord , il faut savoir que l'ancienne classe agonata a été supprimée , et rem- placée par trois autres, qui portent de nouveaux noms. La première classe , la neuvième du Système Entomologique , K l e i s t ag- N A T H A , coiilient quatorze genres. Ses caractères sont plusieurs mâchoires extérieures à la lèvre , et couvrant la bouche. INTRODUCTION. l3 Crabe , Cancer. Quatre antennes presque égales ; les intérieures compli- quées, rapprochées, repliées dans une fossette creusée au bord de la tête; les extérieures sétacées , insérées sur une saillie du bord du front. Calappe , Calappa. Quatre antennes presque égales • les extérieures sétacées , insérées dans une fossette sous l'œil ; les intérieures à quatre articulations anten- nuliformes • le dernier article bifide. Ocypode , Ocypoda. Deux antennes très - courtes , sétacées , insérées dans une excision à la base des jeux. Leucosie , Leucosia. Deux antennes antennuliformes, à quatre articulations, se logeant dans une fossette proémi- nente du front. Partlienope , Parthenope. Quatre an- tennes presque égaies 5 les extérieures sét-acées , insérées dans une excision Crustacés. , 2 î4 INTRODUCTION. SOUS les jeux ; les intérieures antennu- liformes ^ compliquées, se cachant dans une fossette latérale et inférieure du rostre. - Inachus , Tnochus, Quatre antennes égales ; les extérieures sétacées , insé- rées dans une denture du rostre ; les intérieures antennuliformes , compri- mées , en pinces , se repliant dans une fossette latérale et inférieure du rostre. Dromie , Dromia. La partie ex- térieure des mâchoires extérieures en forme de fouet ; quatre antennes , les intermédiaires antennuliformes j la pre- mière articulation anguleuse, ayant un canal qui reçoit les autres. Dorippe, Dorippe. Les mâchoires secondaires ayant leur partie exté- rieure , osseuse à son extrémité , placée entre les antennes. Quatre antennes; les extérieures sélacées , /insérées sur INTRODUCTION. l5 une fossette des intérieures, qui sont antemiuliformes. Orithie , Orithia. Les mâchoires ex- térieures ayant une découpure latérale , lancéolée, aiguë et courte. Quatre an- tennes inégales 5 les intérieures plus longues , antennuliformes. Fortune , Fortunus. Les mâchoires extérieures ayant une découpure laté- rale en forme de fouet. Quatre antennes inégales ; les extérieures plus longues, sétacées ; les intérieures antennuli- formes. Matute , Matuta. Deux antennes courtes , antennuliformes , recourbées dans la fossette des yeux , à quatre articulations ; la quatrième plus courte, recourbée, en alêne, bifide. Hippe, Hippa. Quatre antennes pé- donculées , inégales ; les intérieures plus courtes , bifides ^ les divisions l6 INTRODUCTION. sétacées , ciliées des deux côtés , insé- rées entre les pédoncules des jeux ; les extérieures épaisses , filiformes , contournées sur elles-mêmes , ciliées des deux côtés , cachées sous la mâ- choire extérieure. Sjmethis, Symethis. Deux antennes très-courtes à quatre articulations, re- courbées dans une fossette du rostre. Limule , Limulus. Quatre anten- nules de chaque côté 5 les trois posté- rieures en pinces. Les antennes nulles. Classe seconde , la dixième du Sys- tème Entomologique. ExocHNATA. Plusieurs mâchoires extérieures à la lèvre , couvrant les antennules. Albunée, Albunea. Quatre anten- nes inégales , pédonculées ; les inté- rieures très - longues , sétacées , inté- rieurement ciliées sur deux rangs ; le INTRODUCTION. I7 pédoncule excavé en dessous ; les ex- térieures très-courles , épaisses , com- primées 5 ciliées des deux côtés ; le pédoncule bifide. Scjllare, Scyllarus. Qu^itre antennes inégales ; les intérieures un peu lon- gues , filiformes 3 la dernière articula- tion bifide ; les extérieures élargies , applaties , épineuses et ciliées. Palinure , Palinurus. Quatre anten- nes inégales, pédonculées; le pédoncule à articulation simple; les intérieures plus courtes , sétacées , bifides , sans épines ; les extérieures très - longues , sétacées, épineuses. Palccmon , Palœmon. Quatre anten- nes inégales , pédonculées ; les supé- rieures plus courtes, bifide», sétacées, la découpure intermédiaire plus courte; les inférieures très-longues , sétacées , simples. iB INTRODUCTION. Alphée , Alphœus. Quatre antennes pédonculées , inégales , sétacées ; les intérieures courtes , bifides • les exté- rieures plus longues , simples 3 la pre- mière articulation du pédoncule portant une écaille à sa base. Écrevisse, Astacus. Quatre antennes pédonculées , inégales , sétacées 5 les in- térieures plus courtes, bifides; les ex- térieures simples ; la première articu- lation des pédoncules épineuse à son extrémité. Péné, Penaeus. Quatre antennes inégales , sétacées , pédonculées , insé- rées les unes sur les autres 5 les supé- rieures plus courtes , bifides ; les infé- rieures très-longues , simples; la pre- mière articulation du pédoncule avec une écaille bifide , la découpure exté- rieure épineuse. Crangon, Crangon. Les antennules I J{ ï R D U C ï I O N. ig e)itérienres épaisses , ciliées , bifides ^ la découpure extérieure plus courte , en forme d'éventail. Quatre antennes pé- donculées , inégales ; les intérieures plus courtes , bifides ; les extérieures très- longues , sétacées j le pédoncule appuyé contre une écaille ciliée. Pagure , Pagwus. Quatre antennes pédonculées -, les intérieures filiformes, le dernier article bifide , le pédoncule à une seule articulation et épineux 3 les extérieures sétacées. Galathée , Galathea, Quatre anten- nes inégales , pédonculées j les inté- rieures courtes , filiformes , à trois arti- culations , dont la dernière est bifide j la découpure inférieure sétacée , à beau- coup d'articulations ; la supérieure en faulx 3 les extérieures sétacées à pédon- cule simple. Squille, Squilla, Quatre antennes 20 INTRODUCTION. presque égales, pédonculées- les inté- rieures plus longues , bifides ; les exté- rieures simples , à pédoncule bifide. Posydon , Posydon. Les antennules extérieures foliacées, onguiculées à leur extrémité. Quatre antennules sétacées , à pédoncule simple. Les intérieures plus courtes, bifides. Crevette , Ganimarus. Quatre an- tennes très-simples , pédonculées • les antérieures courtes , subulées ; les pos- térieures sétacées. Classe troisième, la huitième du Sys- tème Entomologique. PoLiGONATA. Plusicurs mâclioircs entre les lèvres. Cloporte, Oniscus. Deux antennules de chaque côté attachées à la lèvre ; deux antennes filiformes. Ligie , Ligla. Point d'antennules | deux antennes sétacées. INTHODUCTION. 21 Idoté , Idotea. Quatre antennules ; quatre antennes sétacées 5 les inférieures plus longues. Cymothe , Cymothoa. Deux anten- nules sétacées; quatre antennes égales, sétacées. Monocle , Monoculus. Quatre an- tennules de chaque côté , dont les ar- ticulations décroissent insensiblement; les antennes très-courtes. Dans l'intervalle qui s'est écoulé en- tre la troisième et la cinquième édi- tion de l'Entomologie de Fabricius , J. F. W. Herbst publia une Histoire Naturelle des Crabes , en allemand , avec un très-grand nombre de figures. Cet ouvrage n'est qu'une compilation ; mais il présente l'ensemble le plus complet qu'on possède encore sur les crustacés, et il paroît aussi bien faii S.2. INTRODUCTION. qu'on a droit de l'exiger ; mais on ne le cite ici que pour observer qu'il a conservé le genre de Linnasus dans son intégrité; que , comme Gmelin , dans son édition du Système de la Nature , il s'est contenté de former des divisions avec les genres de Fabrici us , tels qu'ils étoient avant le travail perfectionné dont il vient d'être question. On auroit dîi parler , il J a déjà long- temps , de l'ouvrage de Muller , attendu que sa date est antérieure à la dernière édition de Fabricius ; mais la nature presque microscopique des animaux dont il parle , détermine à les placer à la fin de la classe des crustacés , et on n'a pas voulu interrompre l'exposi- tion des travaux faits sur les grandes espèces. Plusieurs des entomostracés de Mul- ler ont été connus avant lui sous diffé- rens noms ; on en trouve de décrits par Joblot , Baker , Friscli , Réaumur , INTRODUCTION. 23 Degeer , Ledermuller et Geoffroy 5 mais c'est ce dernier, qui, le premier, les caractérisa d'une manière précise , sous les noms génériques de Monocles et de Binocles , genres réunis par Lin- nœus , et qui forment les deux grandes divisions de Muller. Les entomostracés ont une organisa- tion propre , comme on le verra par la suite , que Muller compare , savoir, pour les amjmones et les nauplies , à celle des patelles ; pour les argules et les limules , aux écrevisses ; pour les pol vphèmes et les cyclops , aux crabes; pour les calliges , aux lernées ; et enfin, pour les cythérées, lescyprides, les lyn- cées, et les daphnies, aux coquillages bivalves. Ces rapprocliemens sont cer- tainement frappans au premier coup- d'œil ; mais ils ne soutiennent pas un examen approfondi : aussi Muller ne les donne-t-il que pour ce qu'ils va- lent. a4 INTRODUCTIOir. Les caractères génériques des ento- mostracés sont très-simples. Première classe. Les monocles ; qui n'ont qu'un œil. Première division. Les monocles uni- valves , c'est-à-dire qui ont leur dos couvert d'un bouclier d'une seule pièce. Amjmone , y^TTiymoTie. Quatre pieds. Nauplie, Nauplius. Six pieds. Deuxième division. Les monocles bivalves, c'est-à-dire qui ont leur dos couvert d'un bouclier de deux pièces, Cjpride , Cypris. Quatre pieds. Cjthère , Cythere. Huit pieds. Daphnie , Daphnia. Huit à douze pieds. Troisième division. Les monocles crustacés , c'esL-à-dire qui ont leur dos INTRODUCTION. 25 couvert d'un bouclier de plusieurs pièces. Cjclops, Cyclops. Huit pieds et deux antennes. Pol jphème, Polyphemus. Huit pieds et point d'antennes. Deuxième classe. Les binocles* ceux qui ont deux yeux. Première division. Les binocles uni- valves, c'est-à-dire dont le dos est cou- vert d'un bouclier d'une seule pièce. Argule , Argulus. Les jeux infé- rieurs. Calige, Coligus. Les yeux margi- naux. Liraule, Limulus. Les yeux supé- rieurs. Deuxième division. Les binocles bi- valves , c'est-à-dire dont le dos est cou- vert d'un bouclier de deux pièces. Crustacés. 3 26 INTRODUCTION. Lyncée , Lynceus, Les yeux laté- raux. Muller considéroit aussi les animaux qui composent les genres dont on vient de lire l'énumération , comme des in- sectes. Cuvier, dans les tableaux qui sont à la suite de ses leçons d'anatomie com- parée , a , le premier , réformé l'erreur introduite par Linnœns dans la classi- fication des crustacés. Ce savant ana- tomiste , ayant reconnu que les crus- tacés respiroient uniquement par des branchies , en a formé une classe par- ticulière , qu'il a placée entre les vers et les insectes. Il les divise en deux grandes sections , les monocles , qui comprennent cinq genres , et les écre- visses, qui en renferment sept. Com- me il n'a pas encore publié le texte qui doit servir d'appui à ces ta- bleaux, on ne peut pas entrer ici dans INTRODtrCTION. 27 de plus grands développemens à leur égard. Lainarck, saisissant l'apperçu de Cu- vier, lui a donné de grands dévelop- pemens dans son ouvrage sur ses ani- maux invertébrés. Là, il a aussi fait une classe particulière des crustacés, classe qu'il a placée entre les mollus- ques et les arachnides , autre classe qui lui est due , et qui lie fort bien les crustacés aux insectes. L'organisation , dit donc Lamarck , étant , de toutes les considérations , la plus essentielle pour guider dans une distribution méthodique et naturelle des animaux , ainsi que pour déter- miner, parmi eux, les véritables rap- ports, il en résulte que les crustacés respirant uniquement par des bran- chies , à la manière des mollusques , et ayant comme eux un cœur mus- culaire, doivent être placés immédia- tement après eux. 28 INTRODUCTION. Outre la considération du cœur des crustacés , des branchies dont ils sont munis pour leur respiration , et de leur défaut de stigmats , et par conséquent de trachées , ils ont encore la faculté de s'accoupler et d'engendrer plusieurs fois pendant leur vie , ce qu'ils ont de commun avec les mollusques, et ce qui les distingue fortement des insectes qui ne jouissent nullement de cet avantage. D'autre part , les animaux qui ter- minent la classe des mollusques, les balanites et les anatifs , ont des tenta- cules articulés , et semblent vérita- blement former le passage des mollus- ques aux crustacés d'une manière re- marquable. Un autre rapport qui rapproche en- core les crustacés des mollusques peut être emprunté de la considération des yeux. En effet, on sait que dans beau- coup de mollusques les yeux sont élevés sur des pédicules mobiles , et qu'ils sont INTRODUCTION. 2.g situés, soit a l'extrémité de ces pédicu- les , soit au-dessous de cette extrémité. On retrouve exactem.ent la même chose dans beaucoup de crustacés , avec cette différence que, dans ceux-ci, les pédi- cules ayant une peau dure et crustacée ne peuvent pas être aussi contractiles. Ils le sont effectivement un peu moins, et ne servent pas davantage. On va donner l'exposé du travail de Lamarck; mais auparavant il convient d'observer que , quoique la manière d'être des crustacés, et les faits ana- tomiques qu'ils présentent , engagent ici à adopter fopinion de Cuvier et de Lamarck , et qu'on soit déterminé à en faire une classe particulière, il est en- core permis de penser que cette opéra- tion est peut-être prématurée. Latreiile, dans les préliminaires d'un savant tra- vail sur les crustacés , préliminaire dont il a permis de faire usage ici, remarque que la squille mante et la crevette des bo I]V T R OD UCTÎ 2Ï. ruisseaux sont certainement des crus- tacés, et que, cependant l'organe qu'on suppose être leur cœur ne diffère pres- qu'en rien du vaisseau ordinaire que l'on voit dans les insectes 5 organe se dilatant, se contractant sans cesse, et auquel on refuse la fonction du cœur. Il ajoute que Cuvier a disséqué, en sa présenc;e, la squille mante, et s'est con- vaincu de ce fait , relativement à ce crustacé. Quant à la crevette des ruis- seaux , il n'y a pas besoin de dissec- tion pour s'assurer que le vaisseau en question occupe toute Ja longueur du corps, et qu'il jouit d'un mouvement de systole et de diastole. Il suffit de regarder un de ces animaux , vivant , à travers le jour. Sa demi-transparence permet de voir ce qui se passe dans son corps. Mais il faut laisser à Cuvier , et aux autres anatomistes de sa force, le soin de multiplier les observations pour INTRODUCTION. 01 éclairer cette partie encore obscure de l'Histoire Naturelle : il faut revenir à l'exposition du système de Lamarck sur les crustacés. Ce savant Naturaliste divise les crus- tacés en deux grandes sections. Les crustacés pédiocles et les crustacés ses- siliocles. C'est-à-dire , ceux qui ont les yeux distincts , élevés sur des pédicules mobiles , et ceux qui ont les yeux dis- tincts ou réunis , mais constamment fixées et immobiles. Ces deux divisions sont fort natu- relles, et satisfont l'esprit lorsqu'on ne considère que l'ensemble de la classe ; mais quand on entre dans le détail de l'étude des genres, et encore plus dans celle des espèces , on est souvent em- barrassé par les nombreuses anomalies qui se présentent , et on est déterminé à croire qu'il est possible de trouver des moyens de division sujets à moins d'inconvéniens. 32 INTRODUCTION. Pour meLtre le lecteur à portée d'ap- précier le travail de Lamarck, on ne peut mieux faire que de donner ici le développement de ses genres. CRUSTACÉS PÉDIOCLES. i.° Crustacés à corps court , ayant une queue nue, sans feuillets , sans crochets , sans appendices latéraux, et appliquée contre le dessous de l'abdomen. Cancri Irachjuri de Linnœus. A. Crustacés dont le corps est arrondi ou obtus antérieurement. Crabe , Cancer. Quatre antennes Cîourtes, inégales 5 les deux intérieures coudées ou pliées , à dernier article bifide ; les deux extérieures sétacées. Corps court , plus large antérieure- ment , ou dans la partie moyenne , que postérieurement. Dix pattes onguicu- lées j les deux antérieures terminées en pointes. Cancer pogurus. Tab. INTRODUCTION. 33 Caîappe, Calappa. Quatre antennes, comme celles des crabes. Corps court, plus large postérieurement , et ayant ses bords latéraux postérieurs très- dilatés , tranclians et saillans en demi- voûte. Dix pattes onguiculées , se re- tirant , dans le repos , sous les cavités du côté du corps 5 les deux antérieures terminées en pinces , et ajant les mains comprimées , et en crête. Calappa gra^ nulata. Fab. Ocypode, Ocypoda. Quatre anten- nes très-courtes et inégales. Pédicules des jeux alongés, insérés chacun dans l'angle latéral du chaperon, et occu- pant le reste de la longueur du bord antérieur. Corps presque carré , à cha- peron étroit , rabattu en devant. Dix pattes onguiculées* les deux antérieures terminées en pinces. Ocypoda ceratoph- thalma. Fab. Grapse, Grapsus. Quatre antennes 34 INTRODUCTION. courtes, articulées , cachées sous le cha- peron. Les yeux aux angles du chape- ron , et à pédicules courts. Corps dé- primé , presque carré , à chaperon transversal , rabattu en devant. Dix pattes onguiculées ; les deux anté- rieures terminées en pinces. Cancer grapsus. 'F ah. Doripe, Doripe. Quatre antennes; les intérieures palpiformes , les exté- rieures sétacées. Corps déprimé, cor- diforme , plus large postérieurement , rétréci, mais tronqué dans sa partie antérieure. Dix pattes onguiculées 5 les deux antérieures terminées en pinces ; les quatre postérieures dorsales et pre- nantes. Cancer granulatus. Fab. Fortune, Portunus. Quatre antennes inégales , petites , articulées ; les exté- rieures sétacées et plus longues. Corps large , court , déprimé , denté sur les bords, et rétréci postérieurement. Dix INTRODUCTION. 35 pattes , dont les deux postérieures sont terminées par une lame applatie et ovaje. Fortunus depurator. Fab. Podophtalme ; Podophtalmus, Qua- tre antennes articulées , inégales ; les extérieures sétacées , plus petites; pé- dicules des jeux très - rapprochés à leur insertion, et aussi longs que le bord antérieur. Corps large, court, déprimé, anguleux et pointu latéralement. Dix pattes ; les deux antérieures terminées en pinces ; les deux postérieures ter- minées par une lame ovale. Une espèce de ce genre est au Mu- séum National. Matute , Matuta. Quatre antennes ; deux intérieures quadriarticulées , à dernier article bifide : deux extérieures plus courtes , et peu apparentes. Corps court , déprimé , plus large antérieu- rement , ou dans sa partie moyenne. Dix pattes; les deux antérieures ter- 36 lîîTRODUCTION. minées en pinces ; toutes les autres ter- minées par une lame plate et ovale. Matuta victor. Fab. 33. Crustacés à corps rétréci et avancé en pointe antérieurement, Maja, Maja. Quatre antennes; les intérieures palpiformes; les extérieures se tacées. Corps ovale, conique, plus large postérieurement^ rétréci en pointe dans sa partie antérieure; dix pattes, toutes onguiculées; les deux antérieures ter- minées en pinces. Cancer Eriocheles , Oliv. Ency. Herbst. Cane. Tab. i5. fie' ^7- po^^^' ceux qui ont les bras courts. Cancer langimana. Rumph. Herbst. Cane. Tab. ig-fig- io5 pour ceux qui ont les bras longs. C. Crustacés à corps suborbiculaire. Porcellane , Porcellana. Quatre an- tennes inégales ; les deux extérieures très-longues ^ sétacées, multiarticulées, INTHODUCTION. Zj et insérées derrière les veux. Corps suborbiculaire, à queue repliée en des- sous. Dix pattes onguiculées : les deux antérieures terminées en pinces; les deux postérieures très-petites. Cancer platycheles. Oliv. Encj. Herbst. Cane. Tab 2. fig. 26. Leucosie , Leucosia. Deux ou quatre antennes, petites, quadriarticulées, in- sérées entre les veux. Corps subor- biculaire, plus ou moins convexe, quel- quefois renflé , à queue nue , repliée ea dessous. Dix pattes , toutes onguicu- lées- les deux antérieures terminées en pinces. Leucosia ci'aniolaris. Fab. Arctopsis, Arctopsis. Six antennes droites, très-longues, simples, garnies de poils verticillés. Corps ovale-coni- que , pointu antérieurement. Dix pattes onguiculées ; les deux antérieures ter- minées en pinces. Crustacés. I. 4 58 I î* T R O D U C T I O N, 2." Crustacés à corps oblong , ayant une queue, alongée, garnie d'appendices^ ou de feuillets , ou de crochets. Cancri macrouri, Linnasus. A\h\\née ^ Albunea. Quatre antennes inégales, ciliées; les intérieures très-lon- gues, sétacées, simples. Corps oblong; queue presque nue. Dix pattes , dont les deux antérieures sont terminées en pinces. Albunea dentata. Fab. Hippe , Hippa. Quatre antennes iné- gales , ciliées. Les intérieures plus cour- tes et bifides 5 corps oblong ; queue munie d'appendices latéraux à son ori- gine. Dix pattes, toutes dépourvues de pinces. Hippa adactyla. Eab. Ranine , Ranina. Quatre anteni^es courtes ; les deux intérieures à de/nier article bifide. Corps oblong , cunéi- forme, tronqué antérieurement; queue petite, ciliée sur les bords. Dix pattes 5 INTRODUCTION. 3q les deux antérieures terminées en pin- ces ; les quatre postérieures terminées en nageoires. Cancer raninus. Rum- phiuj. Herbst. Tab. 22.jîg. i. Scyllare , Scyllarus. Deux antennes filiformes, articulées, bifides au som- met. Deux feuillets en crêtes , dentés , ciliés , articulés inférieurement , tenant lieu d'antennes extérieures. Corcelet, grand j large queue • garnie d'écaillés natatoires. Dix pattes antérieures , non cliélifères. Scyllarus antarticus. Fab. Ecrevisse, Astacus. Quatre antennes inégales, les intérieures plus courtes, multiarticulées , divisées en deux pres- que jusqu'à la base. Corps oblong sub- cjlindrique , terminée antérieurement par une pointe courte, saillante entre les yeux ; queue grande , garnie d'é- cailles natatoires. Dix pattes , dont les antérieures sont terminées en pinces, Astacus jïuviatilis. Fab. 40 INTRODUCTION. Pagure , Pagurus. Quatre antennes inégales ; les intérieures courtes, bifides au somniet ; les extérieures longues et sétacées. Corps oblong. Queue molle ou non crustacée , ayant des crochets à son extrémité. Dix pattes 5 les deux antérieures munies de pinces. Pa^uj-us bernardus. Fab. Galathée , Galathea. Quatre anten- nes inégaies 5 les deux intérieures fort courtes , triarticulées, à dernier article bifide. Les extérieures longues et sé- tacées. Corps oblong; queue grande, garnie décailles natatoires. Dix pattes; les antérieures terminées en pinces. Galathea strigosa» Fab. Palinure, Palinurus. Quatre anten- nes inégales 5 les intérieures plus cour- tes, mutiques, bifides au sommet; les extérieures très-longues, sétacées et liis- pides. Corps et queue des écrevisses. Dix pattes , toutes onguiculées , dé- INTRODUCTION. 4I pourvues de pinces , et ayant des brosses ou faisceaux de poils à leur extrémité. Palinurus homarus. Fab. Crangon, Crangon. Quatre antennes; deux antérieures courtes et bifides ; deux extérieures fort longues , sétacées, munies chacune à leur base d'une écaille oblongue, ciliée. Corps et queue des écre visses. Dix pattes onguiculées, les antérieures terminées en pinces. Cran" gon vidgaris. Fab. Palœmon , Palœmon, Quatre anten- nes 3 les intérieures plus courtes et tri- iides ; les extérieures fort longues et sétacées. Corps subcjlindrique , ter- miné antérieurement par une pointe très-saillante, dentée en scie; queue des écrevisses; pattes onguiculées; les antérieures terminées en pinces. Palœ- mon carcinus. Fab. Squille , Squilla. Quatre antennes presque égaies ; les intérieures un peu 4'2. INTRODUCTION. plus longues et trifides; les extérieures plus courtes, accompagnées d'un feuillet oblong. Corcelet court ; queue fort lon- gue , s'élargissant vers son extrémité y garnie d'écaillés et de branchies dé- couvertes. Quatorze pattes ; les anté- rieures , terminées par une pièce en scie ou en peigne d'un côté. Squilla mantis. Fab. Brancliiopode, Branchiopoda. Qua- tre antennes simples, sétacées, inégales. Corps oblong , dépourvu de pattes , mais aj^ant de chaque côté une ou plu- sieurs rangées de branchies oblongues, ciliées , natatoires, qui en tiennent lieu. Queue nue, articulée, longue, fourchue à Textrémité. Gammarus stagiialis. Fab. CRUSTACÉS SESSILIOCLES. Crustacés à corps couvert de pièces crusta- cées , nombreuses , soit transverses , soit longitudinales. Crevette, Gammarus. Quatre an- INTRODUCTION. 40 termes simples , inégales, sétacées, ar- ticulées 5 disposées sur deux rangs. Deux yeux distincts et sessiles. Corps alongé, couverts de pièces crus tacées, trans ver- ses. Des appendices bifides sur les côtés de la queue , et à son extrémité. Des pattes articulées et onguiculées. Cam-- marus pulex. Fab. Aselle, Asellus. Quatre antennes sé- tacées, simples, inégales, disposées sur le même rang. Deux ou quatre anten- nules. Corps oblong , recouvert de plu- sieurs pièces crustacées , transverses , et terminé par une queue large, mu- nie de deux appendices bifides. Qua- torze pattes. Cymothoa entomoii Fab. Chevrolle , Caprella. Quatre anten- nes inégales. Corps linéaire avec des renflemens irréguliers, articulé, à seg- mens plus longs que larges. Queue nulle ou très - courte , et dépourvue d'écaillés ou d'appendices quelconques. 44 I ^^ T T O D U C T I O N. iPaîtes articulées, disposées par paires et irrégulièrement distantes. Cancer linearis. Linnœus, Cloporte, Onlscus. Deux antennes se lacées 5 coudées, ayant cinq ou six articles , plusieurs paires de mâchoi- res. Corps ovale, recouvert de plusieurs pièces crustacées transverses , subim- briquées. Deux appendices courts et très - simples à l'extrémité du corps. Quatorze pattes. Oniscus asellus. Fab. Forbicine, Forbicina. Deux antennes longues et sétacées. Bouche munie de mandibules , de deux mâchoires et de quatre antennules inégales. Corps alon- gé , couvert d'écaillés. Trois filets sétacés à la queue. Lepisma sacha- l'ina. Fab. Cjame, Cyamus. Quatre antennes inégales; les deux antérieures plus lon- gues, sétacées. Uii suçoir simple, ré-^ INTRODUCTION. 45 tractile : sortant d'une fente courte , si- tuée sous la tev^G. Deux anterinules in- sérées à la base de la bouche. Deux jeux. Corps ovale, déprimé à six seg- meiis pédifères. Six paires de pattes : cJiaque patte terminée par un crochet. Pygiiogonum ceti. Fab. Ligie , Ligia. Deux antennes séta- cées, ayant plus de dix articles. Corps ovale, submarginé, recouvert de pièces crustacées, tracsverses. Les appendices de Ja queue courts et bifides. Ligia oceanica. Fab. Cjciops, Cyclops. Deux ou quatre antennes simples , sétiferes. Un seul œil apparent. Corps aiongé , atténué vers son extrémité postérieure , et couvert de pièces crus Lacées transverses ; queue fourchue ou terminée par deux pointes sétacées. Monoculus minutas. Fab. Poliphème, Polyphemus. Point d'an- 46 INTRODUCTION. tennes ; deux antennules biarticulées et chélifères. Deux jeux écartés. Corps couvert par un large bouclier crusla- ce, divisé en deux pièces inégales par une suture transverse, et terminé par une queue subulée. Cinq paires de pattes. Limulus polyphemus. Fab. Limule , Limulus. Deux antennes simples. Deux yeux distincts. Corps couvert par un bouclier crustacé d'une seule ou de deux pièces. Monoculus apus. Fab. Daphnie, Daphnia. Deux antennes rameuses, sétifères. Un seul œil appa- rent. Corps ovale , convexe , couvert par un bouclier crustacé , formé de deux pièces réunies longitudinalement. Monoculus pulex . Fab. Amjmone , Amymona. Deux an- tennes simples , sétifères. Un seul œil apparent. Corps ovale , convexe, cou- INTRODUCTION. 47 vert par un bouclier crustacé d'une seule pièce, Monoculus satyrus. Fab. Céphalocle , Cephaloculus . Point d'antennes. Deux antennules longues, fourchues. Un grand œil globuleux, saillant antérieurement , et imitant une tête. Monoculus oculus. Fab. Les animaux de tous les genres dont on vient de voir les caractères , vivent habituellement dans l'eau, ou du moins peuvent y vivre, excepté deux; le clo- porte et la forbicine, qui y périssent, par une immersion de quelques instans. Ils ont donc une organisation différente , aussi ne leur trouve-t-on point de bran- chies ; ainsi ils doivent être reportés dans la classe des insectes. En consé- quence on n'en parlera pas ici. On fa déjà dit, et on le répète, le travail de Lamarck améliore beau- coup f état de la science , mais il est susceptible de quelques légères modi- 4S INTRODUCTION. fications , qui , du moins on le présume, peuvent conduire à une perfection en- core plus grande. Il est employé comme fondamental dans le cours de cet ou- vrage , ce qui prouve mieux qu'un long discours tout le cas qu'on en fait. Le savant auteur du Précis des ca- ractères des génériques des insectes , l'estimable Latreille , regardant , avec tous les Naturalistes, les crustacés com- me faisant partie de son domaine , les a aussi analysés , et il l'a fait avec la sa- gacité qui lui est propre. On ne par- lera pas de son premier travail , de celui consigné dans l'ouvrage qui vient d'être cité; il n'étoitqu un apperçu : mais on donnera en entier celui qu'il a ré- digé pour une nouvelle édition , et dont il a permis de faire usage ici. Le louer seroit superflu , puisque le lecteur est mis à portée d'apprécier tout son mérite. INSECTES. Dëfinition. Animal sans vertèbres , dont le corps et les pattes sont ar- ticulés. ORDRE PREMIER. CRUSTACÉS. Définition. Corps enveloppé d'une substance crustacée et calcaire , sans ailes, formé d'une pièce très-grande, et de quelques autres plus petites , ou d'une suite d'anneaux presque égaux ; respirant par des branchies distinctes ; mandibules portant (presque toujours ) un palpe. Plusieurs palpes maxillaires, ou plusieurs mâchoires. Deux jeux , (excepté le seul genre Bopyre) des antennes ( quatre ou deux ) et des pattes. Crustacés, L 5 bo INTRODUCTION. nombreuses (dix- quatorze) propres uniquement au mouvement, (i) (i) On connoît si peu l'organisation inté- rienre des insectes, sur-tout leur piûncipe de vitalité , il est même si difficile d'en faire une bonne étude , que je regarde la formation des classes qu'on vient de faire dans cette série d'animaux, les crustacés et les arachnides , comme prématurée. La squîUe mante y la crevette des ruisseaux j sont certainement des crustacés, et, cepen- dant l'organe qu'on suppose être les cœurs, ne diffère presque en rien, dans ces ani- maux , du vaisseau ordinaire que l'on voit chez les insectes, organe se contractant et se dilatant sans cesse, et auquel on refuse la fonction du cœur. Le citoyen Cuvier a disséqué , en ma présence , la squilîe mante , et s'est ainsi convaincu de ce fait relativement à ce crustacé. Quant à la cre- vette des ruisseaux^ l'observation est aussi trés-aisée à faire , sans la moindre dissec- tion. Il suffit d'exposer cet animal à la lii- mière, pour appercevoir la forme du vais- seau qui occupe presque toute la longueur INTRODUCTION. 5 1 SECTION PREMIÈRE, Les crustacés proprement dits. Mandibules portant un palpe très- apparent. Plusieurs autres espèces de palpes formant la bouche, et distincts. Observations accessoires. Quatre an- tennes ; yeux pédoncules et mobiles dans un grand nombre; premier anneau du corps, souvent très-grand. du dos. On en voit un semblable dans les cloportes en enlevant doucement le 5.^^ an- neau , où son mouvement est plus sensible. Je me bornerai donc à établir ici des ordres ; et comme les crustacés me pa- roissent les mieux organisés , je com- mencerai par eux. Cette raison me dé- termine à renvoyer l'ordre des arachnides après les insectes , proprement dits , immé- diatement avant l'oidrc des entomostracés. Ces derniers animaux ont une conformation qui les rapproche certainement des vers. Le S2 INTRODUCTION. A. Premier segment du corps fort grand , et dans lequel la tête et le cor- celet sont réunis -, yeux pédoncules et mobiles. Les crustacés pédiocles du citoyen Lamarck. a. Dix pattes. Premier segment du corps ou carapace occupant plus du tiers de la longueur totale ; branchies cachées sous ses côtés. caractère essentiel des insectes consiste dans la présence des pattes ; or, la plupart des entomostracés n'en ont réellement pas. Elles ne sauroient leur servir à marcher. Ce sont plutôt des branchies. Les limuîes , les ca- l'ges^ c{ui en ont de véritables, ont même en- core de ces pattes branchiales. Leurs préten- dues antennes sont aussi souvent des vérita- bles branchies. Les crustacés, les insectes proprement dits , les arachnides ont leurs pattes terminées par une pointe dure et cor- née, par un ongle ou deux, que l'on ne voit pas dans les entomostracés. Les yeux dont ies crustacés sont si bien pourvus , commen? INTRODUCTION. 53 f Queue toujours plus courte que le reste du corps , terminée par une seule pièce , n'ayant pas de chaque côté d'appendices foliacés , géminés et ar- ticulés. Observations accessoires. Corps dont la coupe est figurée en grand segment de cercle , dont l'angle de la pointe seroit tronqué , ou carré , ou presque en cœur; quelquefois ové ou triangu- laire ; antennes du milieu repliées sur elles-mêmes , et cachées. cent ici à disparoître. Les organes de la gé- nération du mâle sont situés , dans plusieurs de ces animaux , aux parlies que l'on appelle antennes , de même que dans les palpes des araignées , ce qui dénote le voisinage des uns et des autres. Les caractères que j'assigne aux crustacés sont un peu longs , parce que j'ai voulu faire sentir la distinction qui existe entre ces intectes et les autres , notamment les entomostracés, avec lesquels on auroit pu les confondre. §4 INTRODUCTION. * Diamètre antérieur et transver- sal de la carapace surpassant, ou égalant du moins , le diamètre longitudinal ; coupe en grand segment de cercle , tronqué à son angle , ou presque en cœur, ou carré, ou rond- milieu du bord antérieur ne formant point de bec. Observations accessoires. Antennes du milieu toujours repliées sur elles- mêmes , et cachées. Bras toujours ter- minés par une main à deux doigts. O. Carapace plus large que longue , figurée en grand segment de cercle , dont la pointe est tronquée, ou presque demi- circulaire , en cœur , ni carrée , ni ronde; yeux toujours situés vers le milieu du bord antérieur. — Point de pattes aux nageoires , ou terminées par une pièce large , appla- tie, foliacée. Genre premier. Crabe, Cancer. Cara- pace plaiie , sans dilatation aux angles INTRODUCTION. 55 postérieurs • pièces extérieures fer- mant la bouche ( palpes ) ayant le deu- xième article de la tige interne , ou le plus grand , arrondi à son extrémité ; mains ne formant pas de crête 5 pattes postérieures point repliées sur le dos. Exemple du genre. Cancer pagu- rus. Fab. Genre IL Dromie, Dromia. Cara- pace sans dilatation aux angles posté- rieurs , très - bombée ; pièces exté- rieures fermant la bouche ( palpes ) ayant le deuxième article de la tige interne , ou le plus grand , arrondi à son extrémité 5 mains ne formant point de crête ; pattes postérieures repliées sur le dos. ' * Corps très-velu. Exemple du genre. Dromia Rum- phiL Fab. Genre III. Hépate, Hepatus. Cara- 56 INTRODUCTION. pace sans dila talion aux angles posté- rieurs ; pièces extérieures fermant la bouche , ajant le deuxième article de la tige interne pointu; mains figurées en crête. Exemple du genre. Calappa angus^ tata, Fab. Genre IV. Calappe , Calappa. Cara- pace dilatée aux angles postérieurs ; pièces extérieures fermant la bouche , ayant le deuxième article de la tige interne arrondi à son extrémité -, mains très - comprimées , hautes, et figurées en crête. Exemple du genre. Calappa granu" lata. Fab. Des pattes en nageoires , ou terminées par une pièce large , applatie y foliacée. Genre V, Fortune , Portunus. Les^ INTRODUCTION. Sj seules pattes postérieures en nageoires ; pièces extérieures fermant la bouche , ayant le deuxième article de la tige in- terne arrondi à son extrémité. Exemple du genre. Portunus depu- rator. Fab. Genre VI . M.aii\\.e , Matuta . Les huit dernières pattes postérieures en nageoi- res ; pièces extérieures fermant la bou- che, ajant le deuxième article de la tige interne pointu. Remarque. Antennes latérales très- petites. Exemple du genre. Matuta victor, Fab. O O. Carapace presque en cœur , ou carrée , ou ronde. Genre VII. Ocjpode, Ocypoda. Ca- rapace presque en cœur , ou rhomboï- dale; yeux portés sur un long pédon- 58 INTRODUCTION. Cille, qui s'étend le long d'une grande partie du bord antérieur; aucune des pattes en nageoires. i." Carapace bombée, en cœur; ex- trémité des yeux n'atteignant pas les angles latéraux. (Les Tourlou- B.OUS. ) Exemple du genre et de la division. Cancer cordatus. Herbst. 2..° Carapace plane , ou peu bombée , rliomboïdale ; extrémité des yeux attei- gnant les angles latéraux. Exemple du genre et de la division. Cancer 'vocans. Fab. — Ocypoda cera- tophtalma. Fab. Genre VIÎL Podoplitalrae , Podoph" talmus. Carapace rhomboidale. Pé- doncule des jeux très -longs; pattes postérieures en nageoires. Exemple du genre. Podophtalmus Spinosus. Lamarck. INTRODUCTION. 5^ Genre IX. Grapse , Grapsus. Cara- pace carrée, déprimée; jeux insérés aux angles latéraux; les quatre anten- nes sétacés, dans l'entre-deux; pattes postérieures, n'étant pas considérable- ment plus petites que les précédentes. Exemple du genre. Cancer ruri^ cola. Eab. Genre X. Porcellane , Porcellana. Carapace carrée, déprimée; yeux in- sérés près des angles latéraux ; deux antennes situées derrière les jeux et très-longues ; pièces extérieures , for- mant la bouche, saillantes et velues; pattes postérieures beaucoup plus pe- tites que les précédentes. Exemple du genre. Cancer platy- cheles. Oliv. Cancer minutus. Fab. Genre XI. Pinnothère ,Pinnotheres. Carapace orbiculaire, où carrée à angles arrondis ; jeux situés entre les angles 6o INTRODUCTION. latéraux et le milieu du bord antérieur; les quatre antennes insérées dans l'entre- deux. Deuxième article de la tige in- terne des pièces extérieures fermant la bouche , grand et couché sur le premier, qui est denii- circulaire, et commun aux deux tiges internes. Remarque. Animal parasite , vivant dans les coquilles bivalves. Exemple du genre. Cancer pi" sum. Fab. ** Diamètre antérieur et transversal de la carapace , n'égalant pas celui de la longueur -, coupe ovée ^ ou triangu- laire. Observations accessoires. Antennes du milieu souvent saillantes, du moins en partie. Genre Xll. Doripe , Doripe. Cara- pace ovoïde , déprimée , tronquée et rétrécie à sa partie antérieure. Aucune INTRODUCTION. . Gt des pattes en nageoires • les quatre pos- térieures recourbées sur le dos. Arti- cles de la tige interne des pièces ex- térieures, fermant la bouche , aiongés. Exemple du genre Dorippe gua- dridens. Fab. Genre XIII. Leucosie , Leucosia. Ca- parace ovée ou arrondie , renflée en pointe à son extrémité antérieure ; yeux très-petits • antennes point ou peu appa- rentes. Aucune des pattes en nageoires ; pièces extérieures fermant la bouche , crustacées, avancées ; le deuxième arti- cle de la tige interne allant en pointe. Remarque. Bras longs. Exemple du genre. Leucosia cranio- laris. Fab. Genre XIV. Maïa, Maja. Carapace presque triangulaire 5 la pointe en de- vant; antennes intermédiaires cachées , du moins en partie , dans une fossette ; Crustacés. T. 6 02 INTRODUCTION. jeux peu saillans et logés. Aucune des pattes en nageoires. Deuxième article de la tige interne des pièces extérieures qui ferment la bouche , arrondi ou ob- tus à son extrémité ; les suivans re- pliés en dedans , et petits. Remarque. Corps très-inégal ou fort rude , couvert de tubercules , ou orné de pointes • extrémité antérieure ayant souvent de fortes dents. i.° Bras très -grands, dont la lon- gueur est double de celle du corps, faisant avec lui un angle droit ; les mains s' appliquant , dans toute leur longueur, contre le restant du bras • les Farthenopes de Fab. Exemple du genre et de la division. Parthenope longimana, Fab. 2.° Bras grands , mais dont la lon- gueur n'est pas double de celle du corps, avancés 5 les Inachus de Fab, INTRODUCTION. 65 Exemple du genre et de la division. Inachus araneus. Fab. Genre XV. Macrope , Macropus, Carapace triangulaire -, la pointe en devant , et formant un bec plus ou moins long , souvent très-pointu , et en alêne ; jeux saillans et découverts 5 antennes intermédiaires découvertes , courtes et bifides ( comme celle des crabes ). Aucune des pattes en na- geoires . Pièces extérieures fermant la bouche, à tiges alongées^ l'interne ayant le deuxième article terminé en pointe 5 les suivans presque aussi longs que les précédons. Remarque. Pattes excessivement lon- gues et très-menues 5 corps inégal. Exemple du genre. Inachus phalan- gium. Fab. Genre XVI. Orithye, Orithya. Ca- rapace arrondie postérieurement , un 64 INTRODUCTION. peu rétrécîe en bec tronqué , à sa partie antérieure; jeux saillans; pattes 'pos- térieures en nageoires. Premiers articles de la tige interne des pièces extérieures qui ferment la bouche, alongés ; le deuxième en pointe. Pœmarque. Corps tubercule et garni de pointes. Exemple du genre. Orithya mam- millaris, Fab. Genre XVII. Syméthis, Symethis. Je ne le connois point. Fabricius lui donne pour caractères, de n avoir, à ce qu'il paroît , que deux antennes , les intermé- diaires probablement 5 elles sont très- courtes , quadriarticulées , et logées exactement, chacune entre deux val- vules du bec , qui sont bifides dans leur longueur. Ce Naturaliste ne dit pas quelle est la forme de la carapace. Les bras ont leurs mains terminées par INTRODUCTION. 65 deux doigts ; les autres pattes finissent en pointe cornée et en faux. Exemple du genre. Symethis vario- losa. Fab. Genre XVIII. Coryste , Corystes. Carapace ovale , en pointe en devant ; antennes latérales, ou extérieures , rap- prochées au-dessous des jeux , avancées de la longueur du corps; les intermé- diaires reçues , du moins en partie, dans une fossette. Aucune des pattes en na- geoires ; bras terminés par une main à deux doigts ; pattes postérieures re- jetées en arrière ; pièces extérieures fermant la bouche, à tiges alongées; le deuxième article de l'interne fort long , et en pointe au sommet. Exemple du genre. Albunea den- tata. Eab. Genre XIX. Albunée , Albunea. Carapace triangulaire et dont la base 66 î N ï R O D U C T I O N . est en devant j quatre antennes en des- sous des jeux , sur mie mênie ligne ; bras grands , terminés par une main très-comprimée, et n'ayant qu'un seid doigt en faux ; les autres pattes ter- minées en nageoires, placées, par paire, les unes sur lès autres; queue étendue ; tiges des pièces extérieures qui ferment la bouche, alongées, étroites; Je deuxiè- me article de la tige interne, pointu. Exemple du genre. Albunea dorsi- pes. Eab. f f Dernier article de la queue , accompagné , à sa base , de chaque côté d'un appendice foliacé, géminé, articulé. * Appendices étroits , écartés ou la- téraux , petits , et ne se réunissant pas avec le dernier anneau de la queue , ou le terminal , pour former à son ex- trémité une autre queue foliacée, en éventail, et connivente. INTRODUCTION. Gj Genre XX. Pagure , Pagurus. Corps mou ; quatre antennes saillantes ; les latérales longues , composées de beau- coup d'articles; les intermédiaires cour- tes , à pédoncule de quelques articles alongés , terminées par deux filets très- courts; jeux à pédoncule cylindrique; bras terminés par des mains ayant deux doigts. Aucun des autres en na- geoires. Exemple du genre. Pagurus ber- nardus. Fab. Genre XXL Émérite , Emerita. Ca- rapace ovale, tronquée aux deux bouts; quatre antennes saillantes , plumeuses ; les intermédiaires pédonculées et bifi- des ; jeux à pédoncule cylindrique ; bras et pattes terminées par une pièce ovale ; point de doigts ni d'ongles. Hippa emeriûus. Fab. Eemarcjue. Gronovius avoit fait, le 68 INTRODUCTION. premier , de ce crabe un nouveau genre, sous le nom à^Emerita. Pourquoi Fa- bricius i'a-t-il changé? Genre XXII. Posydon , Posydon. Quatre antennes, à pédoncule simple ; celles du milieu plus courtes , et à deux filets; palpes extérieurs, foliacés, ou articulés à leur extrémité; pédicule des yeux en forme d'écaillé ; les mains des quatre pattes antérieures sans pouce mobile. * * Appendices , qui accompagnent le dernier anneau de la queue , se réu- nissant , et connivant avec lui pour former une autre queue commune, en éventail ; queue de la longueur du corps , ou plus. O. Antennes intermédiaires , cour- bées, a pédoncule de trois articles , alongées, terminées par deuxfilets très- petits; (queue assez plane. ) Genre XXIII . Scjllare , Scy Haras, INTRODUCTION. 6g Carapace eu carré long; antennes la- térales formées d'une ou plusieurs écail- les, en forme de crête -, point de mains aux pattes antérieures; toutes les pattes terminées en pointes ; jeux vers les an- gles latéraux. Remarque. Queue à feuillets , dont une moitié est crustacée , f autre quasi membraneuse. Exemple du genre. Sçyllaiiis arc- tus. Fab. Genre XXI F. Langouste , Palinurus. Carapace cylindrique , alongée ; an- tennes latérales, se tacées, longues > épi- neuses ; point de mains aux pattes an- térieures ; toutes les pattes terminées par une espèce de brosse ; yeux vers le milieu. Remarque. Queue à feuillets à demi- crustacés, et à demi-membraneux;. Exemple du genre. Palinurus homa- rus. Fab. 70 INTHODUCTION. Genre XXV. Galathée , Galathea. Carapace ovoide ; antennes latérales , longues , sétacées ; bras terminés par une main à deux doigts 5 les autres pattes finissant en pointe , ou crochues ; yeux vers le milieu du bord intérieur de la carapace. Remarque. Un bec applati , court , denté sur ses côtés. Exemple du genre. Galathea stri- gosa. Fab. O O. Antennes intermédiaires , à pédoncule court , terminées par un , deux , ou trois filets sétacés , aussi ou plus longs que le pédoncule ; c[ueue plus longue que la carapace. Genre XXVI. Écrevisse , Astacus. Carapace presque ovoïde, ou quasi cy- lindrique ; antennes extérieures lon- gues ; articles du pédoncule ayant des angles aigus en leurs bords , comme INTRODUCTION. 7E épineux; point d'écaillé latérale remar- quable ; antennes intermédiaires placée^ presque sur la même ligne que les in- termédiaires , courtes, bifides 5 les six ou quatre premières paires de pattes terminées par des mains à deux doigts - bras grands ; palpes extérieurs peu avancés. Remarque, Un bec applati. Exemple du genre. Astacus Jluvia-^ tilis. Fab. Genre XXVII. Alphée , Alpheus, Corps arqué , comprimé ; antennes la- térales , sétacées , longues, accompa- gnées d'une écaille sans épine ; inter- médiaires insérées plus haut , plus courtes , à deux filets ; les quatre pattes antérieures terminées par des mains à deux doigts ; les mains des bras plus grandes -, palpes extérieurs longs et avancés. 72 INTRODUCTION. Remarque. Un bec suloulé. Je ne rapporte ces caractères que d'après Fa- bricius. Exemple du genre. Alpheus ava- rus. Fab. Genre XXVIII. Pénée , Penaeus. Corps comprimé, arqué; antennes ex- térieures placées au-dessous des inter- médiciires, très-longues; pédoncule ac- compagné d'une écaille bifide et épi- neuse ; antennes intermédiaires plus courtes, à deux filets ; les premières pattes terminées par des mains; palpes extérieurs longs et avancés. Remarque. Bec avancé , comprimé , et denté, lorsqu'il l'est, aux bords su- périeur et inférieur, ou à l'un des deux. Ce genre est très-voisin de celui dont nous donnerons les caractères sous le nom de Palœmon. Je ne l'ai point vu. Il me paroit que les quatre ou six pre- mières pattes antérieures sont terminées INTRODUCTION. '^b par des mains filiformes , et à deux doigts ; que , de même que dans les palœmons , les bras ne sont pas les plus longs. Exemple du genre. Penaeus mono- don. Fab. Genre XXIX. Palcemon , Palœmon, Corps arqué , comprimé 3 antennes ex- térieures insérées presque sous lesyeux, sétacées , longues , accompagnées d'une écaille plus ou moins grande ; antennes intermédiaires insérées un peu au-des- sus des précédentes, à trois filets ; les trois ou quatre paires de pattes anté- rieures terminées par des mains à deux doigts ; les bras souvent plus petits ; palpes extérieurs longs , avancés, Remarque. Bec comprimé , ensi- forme , denté souvent aux bords supé- rieurs et inférieurs ; dernier article de la queue, ou celui du milieu, pointu^ Crustacés. I, 7 74/ INTRODUCTION. Exemp. du genre. Pfi/ûP77io/i squilia. Genre XXX. Craiigon , Crangon, Corps comprimé , arqué ; antennes ex- térieures longues , avec une grande écaille à leur base; intermédiaires cour- tes , à deux filets ; jeux très-rappro- chés sous un bec; pattes antérieures , ou bras , terminées par une main n'ayant qu'un seul ongle mobile , sans autre doigt ,• les autres pattes simples ; pal- pes extérieurs avancés. /?emo;7-<.7ize. Queue terminée en pointe au milieu. Exemple du genre. Crangon vulga- ris. Fab. b. Plus de dix pattes ; premier seg- ment du corps ou carapace, n'occupant pas plus du tiers de la longueur du corps, ou même moins 3 branchies ex- térieures. À INTRODUCTION. 7^ Genre XXXI. Sqiiille , SquiLLa, An- tennes extérieures simples , accompa- gnées d'une écaille ; les intermédiaires pédonculées , à trois filets j yeux sail- lans ; quarorze pattes ; les huit anté- rieures insérées à la poitrine , et ter- minées par un ongle crochu ; les pre- mières plus grandes ; ongles fortement denté en dessous 5 les six autres paires de pattes natatoires, et sans ongle, in- sérées sous les anneaux qui suivent la ca^rapace. Remarque. Corps alongé , presque cylindrique ; feuillets de la queue épi- neux. Exemple du genre. Squilla mantis. Fab. Remarque. Rapportez à cette divi- sion le cancer pedatus d'Othon Fa- bricius, F auna Groenlandlcâ , n.®22i. Je crois que ce crustacé doit faire un y6 INTRODUCTION. nouveau genre , que je caractériserai ainsi : Mysis , Mysis. Corps comprimé ; quntre antennes; deux simples et deux bifides; une écaille foliacée accompa- gant les extérieures ; quatorze pattes terminées par un ongle; les antérieures, ou bras , très-courts , ayant une main avec un ongle , denté inférieurement ; les autres pattes placées au milieu de deux rangs de branchies ; queue à feuil- lets épineux. Le cancer oculatus du même Natu- raliste, se rapproche aussi beaucoup du cancer pedatus ; il manqueroit seule- ment de bras. Son cancer bipes , paroît faire le pasr- sage des crustacés précédons avec ceux qui suivent. Ses yeux sont sessiles, mais mobiles et globuleux ; la carapace fait , avec le bec qu'elle a à sa partie antérieure, presque la moitié de la lon- gueur du corps. Ce bec est court , près* INTRODUCTION, 77 que conique , convexe en dessus, en voûte en dessous , et d'où sortent deux antennes courtes , triarticulées , termi- nées par une soie. Au devant de sa poi- trine est attachée une paire de pattes , presque de la longueur de la carapace , sétacées , de quatre articles ; sous le milieu de la poitrine sont trois autres paires; mais très-courtes , etparoissant ne servir qu'à retenir les œufs. On voit ensuite cinq paires de branchies diri- gées en arrière , insensiblement plus longues , biarticulées et bifides , que Fabricius appelle pieds. La queue est formée de six articles , dont les trois derniers sont trois fois plus longs que les premiers; elle a , de chaque côté , à son extrémité , un stjle simple , biar- ticulé, sétacé au bout. B. Premier segment du corps point, ou à peine plus grand que les au- tres; tête distincte ; jeux sessiles , peu yS INTRODUCTION. OU point saillansj corps formé d'une suite d'articles presque égaux. Les crus- tacés sessiliocles du citoyen Lamarck. a. Une queue ; des branchies en des- sous , et des pointes articulées au bout» Genre XXXII. Talitre , Talitrus^ Quatre antennes simples; les intermé- diaires supérieures , et plus courtes que le pédoncule des latérales et inférieures; dix à quatorze pattes. Exemple du genre. Gammarus lo- custa. Fab. — • Oniscus gammarellus, Pallas. Genre XX XI 11. Crevette, Gamma- rus. Quatre antennes; les latérales ou antérieures ayant un petit filet ; les in- termédiaires , supérieures, et plus lon- gues que le pédoncule des précédentes ; quatorze pattes ; les quatre antérieures terminées par des mains. INTRODUCTION. rt) Exemple du genre. Gammarus pu- lex. Fab. Remarque. Othon Fabricius décrit plusieurs crustacés qui doivent se rap- porter probablement à quelqu'un do ces deux genres. Je pense qn'il faut placer dans le premier ses oniscus ser- ratus , cicada , medusarum ; dans le second , ses oniscus arenarius , strœ- miajius , abyssinus. h. Point de queue , de branchies ex- térieures , ni de pointes arliculées à la partie postérieure du corps. Remarque. Corps de sept anneaux • dix à douze pattes terminées par un crochet. Genre XXXI V. Liparis , Liparis. Corps filiforme , long ; pattes alongées. ( Ovaires placés sous le troisième et quatriènae anneau.) Exemp. du genre. Squilla lobata.'S'dh. 8o INTRODUCTION. Genre XXXV. Cjame , Cyamus. Corps large , court • pattes courtes ; quatre fausses pattes vers les anneaux du milieu. Exemple du genre. Oniscus cet/. Lin. SEt^TION SECONDE. Les crustacés improprement dits. Mandibules sans palpe apparent 3 bouche n'en ayant au plus qu'une ou deux paires de distincts. Observations accessoires Quatre ou deux antennes simples; jeux sessiles, souvent peu sensibles ou presque nuls; corps formé dune suite d'articulations sans différence de grandeur extraordi- naire; quatorze pattes. A. Quatre antennes , ou point du tout ; des pièces membraneuses , fo- liacées , insérées vers l'extrémité du corps 5 et dont la direction est dans INTRODUCTION. Si le sens de la longueur. (Palpes dis- tincts dans plusieurs. ) a Des antennes et des jeux distincts ; pattes très-apparentes. •j- Les dernières paires de pattes moins alongées, et dépassant sensible- ment les côtés du corps, droites, etpre- nant leur naissance à peu de distance des côtés; antennes de longueur inégale. GenreXXXVI. Idotée, Idntea. Corps alongé ; quatre antennes distinctes ; point de stjles, ou pointes, articulés et bifides à la partie postérieure du corps qui a des lames foliacées et lon- gitudinales en dessous. Exemple du genre. Oniscus mari^ nus, Eiitomon Lin. Genre XXXV IL Aselle , Asellus. Corps alongé -, quatre antennes distinc- tes j des styles , ou pointes , articulés t)'2 I :i' T R O D XJ C T I O N. et bifides à la partie postérieure du corps. Exemple du genre. Oniscus aqua- ticus. Lin. Genre. XXXVIII . Spliérome, Sphœ^ roma. Corps ovale , se mettant en bonle; quatre antennes distinctes; point de stjles à l'extrémité postérieure du corps ; nne pièce ou lame large , de chaque côté, au dernier anneau. Exemple du genre. Oniscus gloha- tor. Pallas. f f Pattes courtes , paroissant naître près du milieu de la partie inférieure du corps , s'appliquant contre une partie dirigée obliquement , et qui tient lieu de hanche ; antennes de longueur égale. Genre XXXIX. Cjmothoa , Cymo- ihoa. Corps crustacé , convexe, tron- qué ou très-obtus postérieurement; des 1 INTRODUCTION. 83 yeux distincts ; pattes terminées par un ongle très-fort. Exemple du genre. Cymothoa asilus. Fab. b. Point d'antennes ni d'yeux dis- tincts; pattes excessivement courtes. Genre XL. Bopjre , Bopyrus. Corps applati , légèrement crustacé , ové ; pointe oblique ; pattes excessivement petites , recoquillées , insérées aux bords des anneaux ; animal parasite , vivant sous une loupe qu'il forme à la partie latérale et antérieure du palœ- moii squilla. ( Mémoires de Ti^cadémi© des Sciences de Paris, année 1772. ) B. Deux antennes; des feuillets trans- versaux à la base de la queue , en dessous. (Palpes nuls ou difficiles à dis- tinguer. ) Genre XLI. Ligie , Ligia. Corps oblong , plat ; quatre antennes ; les 84 INTRODUCTION. extérieures plus longues , et dont la dernière pièce est composée d'un grand nombre de petits articles ; des stjles saiilans à l'extrémité postérieure du corps. Exemple du genre. Ligia océanien. Fab. ORDRE IL E N T O M O s T R A C É s. Définition. Corps caché , du moins en partie, sous une pièce cljpéacée, ou renfermé entre deux valves , sem- blables à celles d'une coquille bivalve , ou formé d'une suite d'anneaux , dont le premier est beaucoup plus grand 3 en-- veloppe membraneuse, ou plutôt co- riacée ou cornée , que calcaire 5 bouche souvent peu distincte, sans palpes sen- sibles ( deux mandibules et deux mâ- choires au plus ) ; quatre , deux ou point I INTRODUCTION. 85 d'antennes, ressemblant souvent, ainsi que tous les pieds, ou quelques-uns, à des branchies ou à des pièces propres uniquement à la natation (un ou deux jeux très-petits , souvent peu distincts). Remarque. Les pattes des insectes des ordres précédens sont terminées , ou par une pointe dure, écailleuse ou cornée , d'une consistance différente de la patte, ou par un ou deux petits crochets, également écailleux, et ar- ticulés avec la patte , ce qui ne s'ob^ serve pas dans les entomostracés. SECTION PREMIÈRE. Les entomostracés m,archeurs. Pattes ou du moins la majeure partie servant à marcher • corps clypéacé ; bouclier adhérent sur toute sa surface intérieure. Genre XLII. Limule y Limulus. Crustacés. L 8 86 INTRODUCTION. Deux boucliers dorsaux ; point d'an- tennes sensibles ; deux mandibules coudées , terminées par deux pinces ; cinq paires de pattes terminées , les unes en pointes, les autres par deux tenailles ; une autre paire à appendices foliacés ; deux jeux dorsaux • une queue dure et pointue, ensiforme. Exemple du genre. Limulus gigas. Fab. Remarque. Gronovius avoit, le pre- mier , établi ce genre sous le nom de xiphosure. Genre XL 111. C^Mge , Caligus. Deux boucliers dorsaux; deux antennes très-sensibles ; bouche peu distincte j huit à dix pattes ; les postérieures avec deux appendices branchiales; deux jéux marginaux ; deux filets ou tujaux for- mant la queue. Exemple du genre. Caligus curtus , Caligus productus. Muiler. INTHODUCTION. 87 Remaj-que. Ces deux entomostracés diffèrent l'un de l'autre par des carac- tères essentiels, et on devroit peut-être en faire deux genres. Genre XLIV. Binocle , Binoculus, Un seul bouclier dorsal ; corps hémis- phérique ; deux antennes petites 5 une espèce de bec; six pattes; deux yeux latéraux ; queue formée d'anneaux , terminée par des appendices barbus. Exemple du genre. Binoculus^ n.° 2. Geoffroi. Histoire des Insectes des en- virons de Paris. Tom 2. pag. 660, pi. 21, fîg. 3. , SECTION SECONDE Les entomostracés branchipèdes . (Schœjfer. ) Pattes ne servant point à marcher ; bouclier ou valves , dans ceux qui ea 88 INTRODUCTION. sont pourvus , n'adhérant pas au corps par toute sa surface intérieure. A. Un bouclier ou deux valves en forme de coquille , couvrant ou ren- fermant le corps. Genre XLV. Apus, Apus. Un bou- clier ; deux antennes ; deux mandi- bules et deux mâchoires ; des pattes nombreuses et foliacées j queue annel- lée , terminées par deux filets. Exemple du genre. Limulus apus. Fab. Remarque. LesamjmonesdeMuller qui sont monocles, qui ont deux an- tennes et quatre pattes. ( MonocuLus satyrus. Fab.^ Ses nauplies, qui ont deux ou quatre pattes déplus, (Mono- culus saltatorius , Fab.^ ne sont, sui- vant le cit. Jurine, que des larves de cyclope. (Voyez ce genre plus bas.) INTRODUCTION. 8fj>- Genre XL VI. Ljncé , Lynceus. Test bivalve, échancré près du bout antérieur qui représente un bec; anten- nes en pinceau ; pattes de même , et au nombre de huit; deux yeux. Exemple du genre. Monoculus bra- chiurus. Fab. Genre XLV II. Daphnie, Daphnia. Test bivalve ; une tête apparente ; avec deux bras; huit à dix pattes ; un seul œil , une queue. Exemple du genre. Monoculus lœ- vis, Eab. Genre XLV III. Cypris, Cyprls. Test bivalve ; tête cachée; deux an- tennes en pinceaux ; quatre pattes ; un seul œil , une queue. Exemple du genre. Monoculus con- chaceus. Fab. Genre XLIX. Cjthère, Cytherea, ^O INTRODUCTION. Test bivalve; tête cachée; deux anten- nes simplement pileuses ; huit pattes. Exemple du genre. Monoculus vi^ ridis. Fab. B. Point de bouclier ou de valves; premier anneau du corps simplement plus grand , se repliant sur les côtés. Genre L. Poljphème, Polypliemus. Un œil en forme de tête; une espèce de corcelet ; deux rameaux ou bras dichotomes ; une queue. Exemple du genre. Polyphemus ocu- lus. MuUer. Genre LI. Cjclope, Cyclops. Corps alongé , diminuant insensiblement pour former une queue ; deux à quatre an- tennes; six à dix pattes soyeuses; un seul œil. Exemple du genre. Monoculus qua- diicornis, Fab. INTRODUCTION. ^î Genre LU. Branchiopocle, BranoJiio- poda. Corps alongé, filiforme, dont la nioftië postérieure forme une queue, terminée par deux filets j une tête • deux antennes capillaires ; deux jeux pé- doncules; deux avancemens, en forme de mandibules à la bouche; onze paires de pattes foliacées, branchiales ; dou- zième article ayant des ovaires ou des crochets, suivant les sexes* Exemple du genre. Branchiopoda stagnalis. Laraarck. Cancer stagnalis Lin. On trouve des crustacés décrits et figurés dans un grand nombre d'auteurs depuis Rondelet , le premier des mo- dernes, jusqu'à Herbst, qui, comme on l'a déjà dit, vient de donner un ouvrage sur les crustacés avec beau- coup de figures coloriées. Les priiici- ^2 INtRODUCTÎÔN. paux de ces auteurs sont : Aldrovande, S^vammerdam , Rumphius , Séba , Jonston, Margrave, Pison, Kempfer, Sioanne , BroAvn , Catesbj , Petiver , Gronovius, Kiiorr, Barelier, Baster , Klein , Plancus , Pennant , Roesel , Begeer , Muller , Linnœus , et Fabri- rius. On doit aussi citer Sachs , qui a ^Xiblié, en 1 665, un ouvrage latin de 900 pages , intitulé , Gammarologia , où il traite des crustacés sous tous les rapports, comme on en pouvoit traiter à cette époque, c'est-à-dire, que son ouvrage est une indigeste compilation de tout ce qui a été écrit par les anciens et les modernes sur les crustacés. Actuellement que l'histoire de la science des crustacés a été parcourue , il convient de passer aux élémens de la science même. Les crustacés sont des animaux dont , le corps et les membres sont articulés , qui ont pour peau uue croûte calcaire, I INTRODUCTION. 93 qui se renouvelle tous les ans , un cer- veau et des nerfs , des branchies pour la respiration, un cœur musculaire et des vaisseaux pour la circulation , et enfin , qui engendrent plusieurs fois dans leur vie. Ils différent des poissons et des mol- lusques avec lesquels ils vivent , parce qu'ils ont des membres articulés. Ils diffèrent des insectes avec lesquels ils . ont les plus grands rapports d'organi- sation extérieure , parce qu'ils ont des branchies. Leur corps se divise en tronc et en extrémité , comme celui de la plupart des autres animaux. Chez fort peu , la tête est distincte du corcelet, et elle ne se remarque que par la place des or- ganes qui lui sont propres, tels que Is. bouche , les jeux et les antennes avec leurs accompagnemens. Les antennes varient en nombre , mais la très-grande majoriti en a quatre, de 94 INTRODUCTION. sorte quecettequantitéest généralement regardée comme caractère de la classe. L'organisation de ces antennes est diffé- rente, sous quelques rapports, des mê- mes parties chez les insectes. Presque toujours elles sont divisées en deux par- ties ', l'une, composée d'articles longs et gros , c'est celle qui est la plus voisine de la base; l'autre, formée d'une im- mense quantité d'articles très- étroits , arrondis , allant en diminuant de gros- seur, c'est celle qui la termine. Aucune autre classe dans la nature n'a les organes de la manducation si compliqués. La bouche est toujours accompagnée d'un formidable appareil d'instrumens propres à briser, à retenir la proie. Le nombre des parties qui la composent varient dans chaque genre. Aussi , est-ce d'après ces organes que Fabricius a établi ses caractères géné- riques et que Latreille a coordonné les siens. Leur étude est aujourd'hui indis- TY i USA roï.I.l^a^. Ç2, P7 .2 ^.'%î ./llli •'V '-v I ^ âÊ\ ^ 'é Dareve de/. XetélUer J'cufy>.\ INTRODUCTION. gO pensable à ceux qui veulent apprendre connoître les crustacés. C'est sur eux que reposent , on peut le dire sans exagération, les fondemens de la science qui les a pour objet. Pour en donner une idée précise, on va décrire toutes ces parties d'après Olivier. ( i ) Voyez pi. I , où on a figuré en haut celles du portune dépurateur , et en bas , celle de l'écre visse de rivière pour faire sentir leur différence de forme. Les antennules sont au nombre de huit. Deux (aa) ont leur attache à la partie latérale des mandibules ; deux (bb) à la lèvre inférieure 5 et quatre ( ce dd) un peu au-dessous de la bouche. Les deox premières , guère plus longues que les mandibules , sont fili- (i) Mémoire sur les parties de la bouche, des insectes. Jourùal de Phjsic[ue , juin 1788. A DES CRUSTACES. CRABE, Cà N C ER , Linnœus. Quatre antennes courtes et inégales ; les deux antérieures coudées ou pliées, à der- nier article bifide ; les deux extérieures séfacées. Corps court , plus large anté- rieurement , ou dans sa partie moyenne , que postérieurement. Dix pattes ongui- culées ; les deux antérieures terminées en pinces. XviNN^us, comme on l'a dit dans les généralités de la classe, avoit, sous le nom de crabe , fait un seul genre de tous les crustacés. Beaucoup de Na- turalistes l'ont imité ; mais Fabricius , dès les premières éditions de son En- tomologie systématique, avoit divisé ce genre en plusieurs autres , dont l'un avoit toujours conservé le nom de Lin- iiceus. Fabricius s'en est tenu aux résultats î62 HISTOIRE NATURELLE de son premier travail , dans les diffé- rentes éditions qu'il a faites de son ou- vrage 5 il s'est contenté de joindre suc- cessivement les espèces nouvelles , qui lui étoient communiquées , à celles qu'il avoit précédemment décrites ; Mais, dans le supplément qu'il a donné en dernier lieu , en 1 798 , il a fait une refonte générale des crustacés , dans laquelle il a , d'après les observations de Daldorf, subdivisé son genre crabe, proprement dit , en onze nouveaux genres , dont le prernier seul a con- tinué de porter le nom de Linnœus. Il sembloit, qu'après des coupures aussi nombreuses, le genre crabe n'é- toit plus susceptible de fournir de nou- velles subdivisions • cependant La- marck , par un examen plus appro- fondi , a encore trouvé des caractères suffisans pour former trois genres aux dépens de celui de Fabricius , et on a dû les adopter comme très - fou- dés. JDÈS CRABES, l63 Ainsi donc les crabes , dont il est question ici , ne comprennent que ceux de la première division du supplément de Fabricius. Les deux autres divi- sions sont comprises dans les genres ocypode , et grapse du Naturaliste français. Les crabes , proprement dits , vivent tous dans la mer, et leur histoire est fort imparfaitement connue, ou mieux , a été confondue avec celles des espèces des autres genres qui portoient ci- devant leur nom. Quoi qu'il en soit, ils ont tous les yeux placés de chaque côté de la tête, à peu de distance l'un de l'autre, dans une cavité qui s y trouve. Chaque œil est couvert d'une peau ou cornée à re- zeau, semblable à celle des jeux de presque tous les insectes ; il est placé sur une espèce de pied ou pédicule épais , cylindrique , écailleux , qui a un rétrécissement au milieu, et qui est mobile à sa base; en sorte que l'ani- î6'4 HISTOIRE NATURELLE mal peut remuer ses jeux de tous côtés , et les retirer même un peu dans la tête en racourcissant le mus- cle destiné à leur donner le mouve- ment. Il n'y a point de distinction sen- sible entre la tête et le corcelet; ce- pendant, en dessous du corps, il y a une espèce de séparation , qui se di- vise comme en deux portions, dont l'antérieure peut être regardée comme la tête. Cette ptirtie antérieure est gar- nie , en dessous , de pièces mobiles , dont il y en a deux plus grandes et plus longues que les autres , assez semblables à celles des écrevisses. Ces pièces , qui sont applaties et de substance écailleuse , sont divisés en cinq parties articulées ensemble , et garnies, plus ou moins, de poils. Cha- que pièce est accompagnée, à sa base extérieure, d'un filet conique, divisé en trois parties, dont les deux pre- mières sont grosses , et la dernière très-' DES CRABES. l65 petite , et subdivisé en un grand nom- bre d'articulations. Ce sont les pièces extérieures des organes de la manduca- tion , qui , comme on l'a vu , sont les mandibules , les antennulles et les mâ- choires. Les antennes, à peine visibles, sont à filets coniques, et divisées en plu- sieurs articulations dont celle de la base est beaucoup plus grosse que les autres ; elles sont placées entre les jeux, sous bord recourbé de la tête. Le dessous du corps est divisé trans- versalement en cinq bandes écailleuses , dont les bords extérieurs sont arron- dis, et qui ont, au milieu, une grande cavité triangulaire , profonde , dans laquelle la queue est engagée de façon , qu'étant en repos , elle en occupe toute la capacité , et qu elle est de niveau avec les bords. Cette queue est, dans le mâle, de fi- gure triangulaire et courbée en dessous, divisée transversalement en sept par- l66 HISTOIRE NATURELLE ties, par des incisions peu profondes, et dont les deux plus proches du corps sont très-étroites. En dessus , du côté qui est en vue, quand on regarde le crabe en dessous, la queue est lisse, plate, écai lieuse, bordée de poils et mobile sur sa base. En écartant la queue du corps, on voit que sa surface inférieure est éga- lement plate et très-mince des deux côtés; mais tout le long du milieu , il j a une élévation cylindrique en forme de boyau , qui renferme l'intes- tin et qui a son extrémité ou l'anus tout près du bout de la queue. A l'origine du dessous de la queue du mâle, on voit deux tubercules écail- îeux un peu applatis et mobiles à leur base, garni au bout d'une brosse de poils, roides et attachés à un anneau en forme de cerceau également écail- leux, et comme voûté, par l'ouverture duquel l'intestin passe du corps pour se rendre dans la queue. Ces deux tiges DES CRABES. 167 sont les organes de la génération du mâle. On voit encore divers tubercules moux et écailleux dans cet endroit, et plus bas deux autres parties écail- leuses , courbées , divisées en articula- tions mobiles, dont l'usage est inconnu. Il est très - aisé de distinguer le crabe mâle de la femelle par la seule inspection de la queue , dont la figure diffère dans les deux sexes. La queue du mâle, comme on vient de le dire , est triangulaire ; mais la queue de la femelle est presque cir- culaire , ou seulement un peu plus large que longue et terminée par une petite plaque arrondie , écailleuse comme tout le reste. Cette queue plate et mince, qui est courbée en dessous, est divisée, sans compter k petite plaque qui la termine, en six parties par des incisions peu profondes; et elle est bordée, tout autour, d'une frange de poils courts , très-serrés : les deux premiers anneaux , ou ceux qui l68 HISTOIRE NATURELLE qui sont près du corps , sont beaucoup plus étroits que les autres. Pour voir la surface inférieure de la queue, il faut la soulever, et alors on observe d'abord, sur le dessous du corcelet , deux enfoncemens placés sur la troisième plaque, et dans chacun desquels il j a un petit tubercule co- nique , qui sont les deux ouvertures par lesquelles l'insecte est fécondé dans l'accouplement. Sur le dessous de la queue même , on voit d'abord le boyau ou l'intestin relevé qui se trouve placé dans son m.xlieu et percé à son extré- mité. De chaque côté de l'intestin , il y a quatre paires de filets mobiles ^ composés de deux parties , dont l'ex- térieure est en forme de lame applatie, qui diminue toujours de largeur jusqu'à l'extrémité , qui est en pointe mousse. Elle est garnie , sur les deux côtés , d'une épaisse frange de poils bruns. La partie intérieure est un long filet cjdindrique, divisé en deux pièces ar- DES CRABES. 169 ticulées ensemble , dont la première , plus grosse , est droite et cylindrique , et l'autre , qui fait un angle avec elle , est en filet conique , courbé , et garni d'aigrettes de poils. Le principal usage de ces huit paires de filets est de servir d'attache aux œufs , comme dans tous les crustacés proprement dits. Les deux pinces antérieures sont faites sur le même modèle que dans les écrevisses , c'est-à-dire composées de cinq parties articulées ensemble , dont les deux premières sont courtes , la troisième et la quatrième plus grosses , angulaires, plus ou moins tuberculeuses ; et la cinquième , qui est la serre, ou la main , grosse , ovale , et terminée par deux doigts , souvent dentés , dont un seul est mobile. Les huit autres pattes sont divisées chacune en six parties , dont les deux premières sont courtes , et les autres beaucoup plus longues. La troisième partie, qui est la cuisse, est plate et large ; Crustacés. I. i5 170 HISTOIRE NATURELLE les deux suivantes , qui , ensemble font la jambe , et dont la séparation est en ligne oblique , sont souvent garnies de longs poils et de petites épines. Enfin la dernière , qui est le tarse , est de figure conique , un peu courbé , et ter- miné en pointe déliée. Elle est presque toujours velue ou épineuse. Toutes ces pattes sont attachées au corcelet , fort près les unes des autres. Les crabes , ainsi qu'on l'a déjà ob- servé , vivent tous dans la mer. Ils se tiennent de préférence sur les côtes où il j a des rochers , entre les fentes des- quels ils se cachent , pour se mettre à l'abri du mouvement des vagues et de la recherche de leurs ennemis. Lorsque la mer monte ils s'approchent ordinai- rement du rivage pour s'emparer des débris des animaux marins que la vague pousse contre les rochers , et qui revien- nent blessés ou tués. C'est principale- ment pendant la nuit qu'ils se hasardent le plus dans cette recherche. Comme ils DES CRABES. I7I ne peuvent pas nager , et que leur mar- che est lente , ils se voient souvent ex- posés à rester à sec dans les basses eaux. Alors , lorsqu'ils ne trouvent point de trou où ils puissent se réfugier , ils se contractent , se blottissent dans un coin , et attendent le retour de la marée pour regagner la grande mer. C'est prin- cipalement ceux qui sont ainsi délaissés par les eaux que les pêcheurs ramassent, car ils mordent peu aux appâts , et sont rarement pris dans les filets. Dans les isles de l'Amérique et de l'Inde, où le fond de la mer se voit à travers l'eau , dans les temps calmes , on les harponne avec une longue perche à laquelle est emmanchée une fourche de fer. Dans d'autres endroits, comme à la nouvelle Hollande , on plonge pour les avoir. Toutes les espèces ne sont pas égale- ment bonnes. Il en est une, sur les côtes de France qu'on appelle le crabe enragé, dont la chair est si coriace, 172 HISTOIRE NATURELLE et le test si dur, qu'elle est dédaignée , même des plus pauvres gens. C'est pendant l'été qu'on trouve le plus de crabes sur les côtes de l'Eu- rope, mais c'est au printemps qu'ils sont meilleurs. A cette époque , les femelles sont garnies d'œufs , dont la saveur est de beaucoup supérieure à celle de la cliair , et ils n'ont pas encore changé de test, opération qui les mai- grit considérablement. On prend rarement des crabes au moment même de leur mue , parce qu'ils se tiennent cachés au fond de la mer pendant les cinq à six jours qu'elle dure. Ce moment est pour eux une crise fort dangereuse, soit par la diffi- culté de se débarrasser de leur vieille peau , soit par la prise que sa privation donne sur eux à des ennemis qu'ils ne craignoient pas , quelques heures au- paravant. Cette crise est positivement la même que celle décrite dans les DES CRABES. lyS généralités de la classe pour les écre- visses. On appelle les crabes tourteaux sur les côtes de France. Crabe pagure, Cancer pagurus» Le corcelet peu raboteux , avec nenf plis de chaque côté. Fermant. Brit. Zool. 4. tab. 3. fig. 4. Rumph, Mus. tab. II. fig. 4. Herbst. tab. I9. fig. Sg. Se trouve dans les mers de l'Europe et de l'Inde. Crabe à onze dents , Cancer 11 dentatus. Le corcelet peu raboteux avec onze dents de chaque côté ; les dents dentelées ; le rostre à trois dents ; le bout des doigts noirs. Herbst. Cane. tab. 10. fig. 60. Se trouve dans l'Amérique septentrionale. Crabe raénade , Cancer mœnas. Le corcelet peu raboteux , avec cinq dents de cha- que côté ; le front à trois lobes; le poignet à une seule dent. Peliver , Amb. tab. i. fig. 5. Baster j Subs, a. tab. 2. Rumph. Mus. tab. 6. fig. O. Pennant. Brist. Zool. 4. tab. 2. fig. 5. Hei-bst. tab. 7. fig. 46. Voyez pi. 3. fig. i , qui le représente au quart de sa grandeur naturelle. Se trouve dans les mers d'Europe et d'Asie. Le corcelet peu raboteux, avec cinq dents de chaque côté; le front fendu. On ignore son pays natal. 1^4 HISTOIRE NATURELLE CraLe peintre , Cancer pictor. Le corcelet peu raboteux , avec quatre dents de chaque côté; le front fendu. On ignore son pays natal. Crabe cuivre j Cancer œneus. Le corcelet très - raboteux , obtus , avec quattô dents de chaque côté. Sf'ba , BIus. 3. tab. 19. fig. 17. Rumph. Mus. tab. II. fig. 4. Herbst. tab. 10. fig. 58. Se trouve dans l'Indes. Crabe de Rumphius , Cancer Rumphii. Le corcelet , presque uni , avec cinq dents de chaque côté; le front tuberculeux à quatre dents; les pinces nninces. Herbst. Cane. tab. 49. fig. z. Se trouve dans les Indes. Crabe rude , Cancer scaher. Le corcelet peu raboteux , avec cinq dents ds chaque côté ; le front crénelé , fendu j les pinces granuleuses. Se trouve dans l'Inde. Crabe parvule , Cancer parvulus. Le corcelet, avec des lignes enfoncées et quatre dents de chaque côté ; le front avec une petite fente Voyez pi. 3. fig. 2. , où il en représenté. Se trouve dans les Iles de l'Amérique et en Caro- line , d'où il a été rapporté par Bosc. Les pattes se décolorent en vieillissant. Crabe cendré , Cancer cinereus. Le corcelet uni , rivaleux , à trois dents de cbaqttff DES CRABES. IjS fôté , très-finement ponctué ; une très-grosse dent à la base interne du doigt mobile. Se trouve sur les côtes de France , et ne sélève pas plus de deux centimètres de diamètre. Crabe gonagre , Cancer gonagra. Le corcelet inégal , avec six dents aiguës de cha- que côté ; les pinces noduleuses. Cancer spinij'rons. ■ — Herbst. tab. II. fig. 65. Voyez pi. 2. fig 3 , où il est représenté en de.s- soas , de moitié de sa grandeur naturelle. Se trouve à la Jamaïque et en Caroline. Crabe noduleux , Cancer nodulosus. Le corcelet latéralement noduleux et crénelé ; une àpiiie aux doigts des pieds. Oo ignore son pays natal. Crabe ochtodes. Cancer ochtodes. Le corcelet uni , à quatre tubercules de chaque côté j le front recourbé , canaliculé ; les pinces tuberculeuses. Herbst. Cane. tab. 8. fig. 54. Se trouve dans les Indes orientales. Crabe prince , Cancer princeps. Le corcelet uni , avec des séries circulaires de points rouges ; le front élevé ; les pâtes avec des fas- cies ronges. Herbst. Cane. tab. *38. fig. 2. Se trouve dans la mer des Indes. Crabe à deux épines, Cancer 2. spinosus„ Le corcelet avec deux épines de chaque côté ; le front avec quatre dents ; le poignet épineux. Herbst. Cane. tab. 6. fig. 45. Se trouve dans les Indes orientales, Ï7^ HISTOIRE NATURELLE Crabe coralline , Cancer corallinus. Lecovcelet uni, à une seule dent; le front à trois lobes. Herbst. Cane. tab. S.fig. 40. Séba , Mus. 5. tab. ig. fîg. 2 , 3. Rumph. Mus. tab. 8. fîg. 5. Se trouve dans l'Inde. Crabe floride , Cancer floridus . Le corcelet uni, inégal, maculé; le bord obtose- HJent dentelé; les pinces avec des saillies en crête. Séba , Mas. 3. tab. 19. fig. 18. Knorr. Del. tab. 4. fig. 3. Herbst. Cane. tab. 3. fig. 3g. Se trouve dans l'Inde. Crabe maculé, Cancer macuîatus. Le corcelet uni , avec des taches rondes et ronges ; les côtés à une seule dent ; le front à trois lobes. Peiîv. Amb. tab. i. fig. 8. Séba. mus. 3. tab. ig. fig. 12. Rumph. Mus. tab. 10. fig. i. Herbst. tab. 6. fig. 41- Se trouve dans les mers d'Asie, Crabe chauve-souris, Cancer vespertiUo. Le corcelet antérieurement avec trois dents de cha- que côté ; le corps hérissé. Voyez pi, 2.. fig. I , où il est représenté de grandeur naturelle. Se trouve dans les Indes. Crabe varioleux , Cancer variolosus. Le corcelet tuberculeux , crénelé des deux côtés ; le front fendu. Se trouve dans l'Océan. Crabe faïence , CancerJ'aoentinus. Le corcelet uni , largement plissé , à cinq dents d« chaque côté ; l'extrémité des doigts concave en dedans. On ignore son pajs natal. DES CRABES. I77 Cette espèce est très-remarqnable par la forme de l'extrémité de ses pinces ; son corcelet est presque rond , et , ainsi que ses pattes, d'un blanc de faïence. Crabe soyeux , Cancer setosus. Le corcelet à deux dents de chaque côté ; les pattes velues. Se trouve dans l'Inde. Crabe agréable , Cancer amœnus. Le corcelet parsemé de points rouges très-rappro- cbés , avec onze dents de chaque côté ; la front tri» deuté. Herhst. Cane. tab. 49. fig. 3. On ignore sa patrie. Crabe oriental. Cancer orîentaïis. Le corcelet uni ; les côtés carennés et dentelés. Herhst. Cane. tab. 20. fig. 117. On ignore sa patrie. Crabe hérissé , Cancer hirteHus. Le corcelet hérissé de poils , à cinq dents de chaque côté ; les m ains extérieurement épineuses. Pennant. Brit. Zool. tab. 6. fig. 11. Herbst. Cane. tab. 7. fig. 5i. Se trouve dans les mers d'Europe. Crabe fluviatile , Cancer fluuîatilis. Le corcelet ovale , antérieurement dentelé , posté- rieurement sinueux ; les pinces dentelées à leur bas* intérieure. Sachs. Gammarol. tab. 4. Herbst. Cane. tab. 10- fig. 61. Se trouve à rembouchore des fleuves d'Asie «t d'A" mérique , «t l«s remonta souvent fort haut. Î78 HISTOIRE NATURELLE Crabe armadille , Cancer armadîllus , Le corceJet uni , inégal ; le bord crénelé ; les mains écailleues. Herhst. Cane. tab. 6. fîg. 42, 43. Se trouve dans la mer des Indes. Crabe vert , Cancer virîdis. Le corcelet uni , avec cinq dents de chaque côté ; les deux postérieures plus grandes et doi'sales. Herhst. Cane. tab. 7. fig. 47. On ignore son pays natal. Il ressemble beaucoup au ménade ; mais il est vert. Crabe sculpté , Cancer sculptus. Le corcelet chargé de gros tubercules rapprochés j le bord denté ; les doigts des pinces noirs Herhst. Cane. tab. 21. fig. 121. On ignore son pays natal. Crabe perlé, Cancer perlatus. Le corcelet et les mains couvertes de turbercules blancs; les pieds hérissés d'épines. Herhst. Cane. tab. 2.1. fig. 122. On ignore sou pays natal. Le corcelet nni , latéralement sillonné ; les doigts en tire-bouchon. Herhst. Cane. tab. 21. fîg. 123- On ignore sa patrie. Crabe hydrophile , Cancer hydrophyîus. Le corcelet uni , à trois dents de chaque côté ; les doigts roux. Herhst. Cane. tab. 2.0. fig. 124. On ignore sa patrie. rol.I.Taç .^^8 PI . a 1 . Le Cralje ctauve soxiris . a.J.e Ci^aLe niiKaire . 3 . Le CraLe g;oiiaa;rc . JSA DES CRABES. lyp Crabe œiliaire , Cancer miliaris. "Le corcelet ovale , alonge . entier , sillonné , gra- iialeux j les pinces plissees et granuleuses , leurs doigts striés. Ployez pi. I , fig. 2, , où il e«t représenté de grandeur naturelle. On ignore sa patrie. CALAPPE, Cjlappj, Fabricius. Quatre antennes comme celles des crabes. Corps court , plus large postérieurement , et ayant ses bords latéraux postérieurs , très - dilatés , tranchans et saiiJans , en demi-voûte. Dix pattes onguiculées, se retirant, dans le repos , sous les cavités des côtés du corps ; les deux antérieures terminées en pinces , et ayant les mains comprimées et en crêtes. Les caractères génériques des ca- lappes sont fort peu difFérens de ceux des crabes, mais la forme de leur corps , et sur -tout celle de leurs pattes an- térieures ou pinces, leur donnent une apparence très-distincte. En effet, le corps des calappes est l8o HISTOIRE NATURELLE presque ovale , ou mieux , représente un triangle curviligne , très - bombé , ordinairement tuberculeux en dessus , denté en ses bords , et toujours con- cave en dessous, aux angles postérieurs, pour recevoir les pattes. Les antennes sont presque égales , les intérieures sont cachées dans la fossette des jeux et les intérieures ont quatre articles dont le dernier est bifide. Les yeux sont très-rapprochés , peu saillans , et placés sur la partie antérieure du corcelet. ILa queue est composé de sept ar- ticulations insérées dans une cavité de l'abdomen ; elle se prolonge jusque près de la bouche. Les pattes antérieures ou pinces sont composées de quatre articulations. La première petite , et de forme très- irrégulière ; la seconde, large, ap- platie , triangulaire , avec un prolonge- ment denté , qui se replie en dessous ; la troisième , très-épaisse , large , trian^ gulaire dans le sens contraire à la pré-- i DES CALAPPES. l8r cédente; enfin, la quatrième, la plus large de toutes , applatie , courbée , triangulaire dans le sens de la seconde , denté en crête dans son côté supé- rieur, toujours granuleuse et tubercu- leuse dans sa surface extérieure qui est plus bombée que l'intérieur. Le pouce mobile , petit et courbe , entouré et chargé à sa base de quelques gros tubercules difficiles à décrire , et placé dans un enfoncement du bord qui est perpendiculaire à l'horizon. Les pattes postérieures sont toutes onguiculées et presque égales. Une des espèces de calappe est commune dans la méditerranée, et a été mentionnée par Aristote et Athénée : on la connoît sur les côtes de France sous le uoxn de migrane et de cancre ours , parce que , comme ce quadru- pède , elle se cache les veux av^ec ses larges pinces ; contracte ses pattes sous la saillie excavée de son corcelet , et reste ainsi comme morte tant qu'elle Crustacés. I. i6 IÔ2 HISTOIRE NATURELLE a quelque danger à craindre. Elle vit dans la fange. On la mange, mais sa chair est molle et de mauvais goût, et elle est repoussée de toutes les tables délicates. Si on n'est pas instruit des mœurs de cette espèce , qui vit dans nos mers, on l'est par conséquent encore moins des autres espèces qui ne se rencon- trent que dans les mers des Indes ou d'Amérique. On peut présumer qu'elles ne s'éloignent pas beaucoup de celles des crabes , puisqu'il y a tant d'ana- logie entre les caractères de ces deux genres. Latreille a fait du calappe angusté un genre particulier qu'il a appelé hé- pate , dont les principaux caractères sont de n'avoir pas de dilatation aux angles postérieurs du corcelet, et d'a- voir les mandibules extérieures poin- tues. On n'a point fait usage de ce genre, uniquement parce que l'espèce qui le compose n'a pas été figurée , et qu'on DES CALAPPES. l85 ne sait rien de son histoire. On invite les Naturalistes qui auront occasion de l'observer dans les mers d'Amérique , où elle se trouve , de prendre note de ce qu'ils pourront découvrir à son sujet. Calappe en voûte, Calappajornicata. Le corcftlet uni , crénelé; les angles postérieurs plus larges et entiers ; les pinces avec des saillies en crêtes. l'e/iver, Gaz. tab. 7^. fig. ii. St^'ba , Mus. 3. tab. 20. fig. 7, 8. Riimph. Mus. tab. ii. fig. 2, 3. Herlst. tai>. i2. fig. 73, 74. Voyez pi. 3. fig. 3, qui le représente réduit du quart. Se trouve dans les mers d'Amérique. Calappe denté , Calapa dentata. Le corcelet inégalement denté sur la totalité de ses bords antérieurs ; le front échancré ; quelques ta- ches blanches. Hetbst. Cane. tab. 1 1. fig. 66. On ignore son pays natal. Calappe blanchâtre , Caîappa aîlicans. Le corcelet finement denté et sinueux sur les côtés, avec une saillie lancéolée ; les pinces avec un rang intérieur, et les mains avec un rang siipérieur d'épines; ces dernières extérieurement anguleuses. Cancer forrticatits. — Herhst. Cane. tab. i3. fig. 79. 80. Se trouve dans la mer des Indes. Calappe tubercule, Caîappa tuherculata. Le corcelet noduleux , à beaucoup de dants 3 les î84 HISTOIRE NATURELLE angles postérieurs plus larges, crénelés, dentés i les pinces dentées. Herbst. Cane. tab. i3. fîg. 78. Se trouve dans le mer du Sud. Calappe granuleux , Calappa granulata. Le corcelet presque uni, crénelé; le bord posté- rieur dilaté et à cinq dents ; les pinces sillonnées de crêtes. Catesby. 2.. tab. 36. Séha ^ Mus. 3. tab. 19. fîg. i3. Berh. tab. 12. fig. yS , 76. Se trouve dans la Méditerranée et sur la côte d'Amé- rique. Calappe marbré , Calappa marmorata. Le corcelet presque plissé , à trois dents de cha- que côté; le front crénelé et éniarginé ; les bras élargis à leur extrémité. Berbst. tab. 2.0. fig. Il 4. Se trouve dans l'Océan. Calappe crête , Calappa cristata. Le corcelet un peu plissé , crénelé des deux côtés ; Je bord postérieur à sept dents ; l'angle postérieur élargi et denté. Se trouve à la Chine. Calappe lophos , Calappa lophos. Le corcelet uu peu plissé, crénelé des deux côtés; Je bord postérieur crénelé à six dents; l'angle posté- rieur dilaté , à quatre den's. Herhst. tab. i3. fîg. 77. Se trouve dans les I ndes. Calappe angusté , Calappa angustata. Le corcelet uni, crénelé des deux côtés; la dent. postérieure aiguë et unie. Se trouve dans les mers d'Amérique. ro/.J.Pae meivade . 2- . Le Ci'abe parvule . 3 . Le Calappe en voûte USA DESCALAPPES, l85 Calappe flamme , Caîappa flammea. Le corcelet ovale , antérieurement verruqueux , avec des taches et des lignes irrégulières rouges, et six grosses dents de chaque côté à sa partie postérieure 3 les mains avec une crête en dessus. Herbst. Can. tab. 40. fig. z. Se trouve dans la mer des Indes. Calappe inconspecte , Caîappa inconspecta. Le corcelet verruqueux , avec deux taches rouges an front, et de grosses dents sur le bord postérieur; les pinces dentées en desstis et tachées de rouge. Herbst. Cane. tab. 40. fig. 3. Se trouve dans la mer des Indes. OCYPODE, OCYPODA, Fabricius. Quatre antennes très-courtes et inégales. Pé- dicules des yeux alongés , insérés , chacun, dans l'angle latéral du chaperon, et occu- pant le reste de la longueur du bord anté- rieur. Corps presque carré , à chaperon étroit , rabattu en devant. Dix pattes onguiculées ; les deux antérieures termi- minées en pinces. Ce genre a ëté établi par Fabricius dans son supplément- mais Lamarck î86 HISTOIRE NATURELLE en en modifiant, ou mieux , en en pré- cisant davantage le caractère , y a réuni quelques espèces , qui n'y avoient pas été comprises par le naturaliste danois, et qui faisoient partie des crabes de ce dernier. Les ocypodes sont extrêmement voi- sins des crabes , mais s'en distinguent bien par leurs yeux toujours portés sur un long pédicule. Le- corcelet , chez eux, est presque carré, et même quelquefois plus large que long. Tantôt il est uni , tantôt rugueux , rarement velu. Les antennes sont si petites, qu'il est difficile de les découvrir. Les jeux semblent leur en tenir lieu; leurs pattes ont la même organisation que dans les crabes; mais les pinces ont quelques différences dans leur forme. Quelques espèces les ont courtes, les autres Irès- alongées , les autres inégales en gros- seur , ce qui suppose des mœurs dif- férentes ; aussi , les unes vivent-elles dans la mer, et les autres sur la terre. DES OCYPODES. 187 L'ocypode combattant est dans ce dernier cas. Bosc, qui l'a observé eu Caroline , rapporte qu'une de ses pin- ces , indifféremment la droite ou la gauche , mais plus souvent la droite, est beaucoup plus grosse que l'autre , et plus longue que tout le corps; que les troisième et quatrième articles sont épais et angulaires ; que la main est large, ovale, plus grande que le cor- celet ; que leur serre est longue , com- primée , terminée de chaque côté en pointe courbe, et n'ayant que de très- petites dents , à peine visibles , en de- dans. La pince est moins longue que les pattes. Ces ocy podes se voient par milliers , et même par millions sur le bord de la mer ou des rivières dans lesquelles remonte la marée. Dès qu'un homme ou un animal paroît au milieu d'eux, ils redressent leur grosse pince, la pré- sente en avant , semblent le défier au combat , et se sauvent , en courant de î88 HISTOIRE NATURELLE côté , mais conservant toujours la mê- me position. Leurs trous sont si nom- breux , dans certains endroits , qu'ils se touchent. Ils sont cylindriques , or- dinairement obliques et très-profonds. Rarement plusieurs individus entrent dans le même, excepté quand ils sen- tent le danger trop pressant. On ne les mange point. Ils ont un grand nombre d'ennemis parmi les loutres , les ours , les oiseaux, les tortues, les alligators, etc. ; mais leur multiplication est si considérable , que la dévastation que ces animaux font parmi eux n'est pas sensible. Ils ne craignent point l'eau qui les couvre quelquefois , mais ils ne cherchent pas à y entrer , et jamais ils n'y restent long -temps de leur gré, si ce n'est, peut-être, pour faire leurs petits. Bosc a vu les fe- melles garnies d'œufs dès le mois de ventôse , mais il n'a jamais trouvé de petits du premier âge. Il faut qu'ils restent dans l'eau ou dans la terre DES OCYPODES. 189 pendant l'année de leur naissance. Les mâles se distinguent des femelles , parce qu'ils sont plus petits , plus colorés , et que leur queue est triangulaire. Il n'est pas vrai , comme le dit Gronovius, que la grosse patte à gauche dénote le mâle 5 Bosc s'est assuré qu'elle va- rioit de position dans les deux sexes. Les ocjpodes appelans ne vivent que de chair , et on conçoit diffi- cilement comment leur grand nombre peut leur permettre de trouver assez de nourriture dans les lieux trf;s-cir- conscrits qu'ils habitent. Il est vrai que la marée montante leur apporte des déjections de la mer , qui sont mangées trop rapidement pour pou- voir être apperçus des observateurs. Bosc les a souvent vus couvrir des cha- rognes, et en disputer les lambeaux aux vautours, mais ils n'ont que rarement d'aussi abondantes curées. Pendant les trois ou quatre mois d'hiver ils ne pa- roissent plus , ils se tiennent au fond de jgo HISTOIRE NATURELLE leurs trous , qui , presque toujours se bouchent, de manière qu'ils sont obli- gés de le rouvrir au printemps lorsque la chaleur du soleil est assez intense pour les déterminer à sortir. Bosc a inutilement cherché à leur voir faire ces trous. Ils n'ont jamais voulu tra- vailler en sa présence , et il est assez difficile de les surprendre , attendu qu'ils sont toujours sur des plages dé- couvertes. Il y a plusieurs espèces d'ocj^podes qui ont une pince plus grosse que l'au- tre, et elles ont été toutes confondues sous le nom de vocans. Dans Margrave , seulement , il j en a quatre de figurées. C'est du dernier dont il vient d'être question. D'autres ocypodes ont les pinces éga- les , et Advent comme ceux dont il vient d'être question, presque toujours hors de l'eau sur les bords de la mer, ou des rivières où remonte la marée. Ils se creusent dans le sable , ou la { DES OCYPODES. I^I terre , des trous , presque semblables à ceux ci-devant décrits. Bosc , qui a aussi eu occasion d'en voir une espèce , rapporte qu'elle va à l'eau tous les jours , mais qu'elle n'y reste pas long- temps. C'est principalement des corps marins rejetés par le flot sur la plage qu'elle se nourrit , et elle ne manque pas de nourriture. Lorsqu'elle craint quelque danger , elle se sauve , en mar- chant de côté , dans son trou , avec tant de rapidité , c{ue ce Naturaliste a été long- temps à l'observer avant de se faire une idée de l'espèce d'animal qui fujoit devant lui , qu'enfin il a fallu toute la vitesse de son cheval pour s'en procurer quelques exemplaires , encore après plusieurs courses inutiles. On sent bien qu'un animal si difficile à pren- dre , ne peut pas servir habituellement de nourriture 5 aussi, dans la Caroline n'en fait-on aucun usage. Ce crabe se trouve aussi aux Antilles, et dans l'A- mérique méridionale , où il porte le ïg2, HISTOIRE NATURELLE nom de crabe de terre, mais ce nom lui est commun avec tant d'autres, que ce que les voyageurs en rapportent , ne peut lui être spécialement ap- pliqué. Pline cite des crabes qui se trouvent sur les côtes de Syrie , et marchent avec une si grande vitesse que les hom- mes ne peuvent pas les devancer. Oli- vier en a rapporté de ce pays , qui paroissent être de l'espèce dont parie Pline , et ils diffèrent extrêmement peu de celui dont il vient d'être ques- tion dans leur forme générale, mais ils ont sur l'extrémité du pédicule des yeux un faisceau de poils qui les rend fort remarquables. Les crabes de terre font toujours leurs œufs dans feau. On ignore encore si c'est aussi dans ce fluide qu'ils procè- dent au changement de leur test. Les mœurs des autres espèces d'o- cypodes sont peu connues , mais il y a lieu de croire qu elles ne s'éloignent DES OCYPODES. ig'5 pas beaucoup de celles qui viennent d'être mentionnées. Il en est une, l'o- cypode craniolaire, qu'on trouve très- fréquemment fossile en France, quoi- qu'elle soit originaire de l'Inde. Il paroît que c'est à ce genre qu'il faut rapporter les tourlouroux crabes des Antilles dont tous les auteurs fran- çais ont parlé. On en distingue de trois sortes, mais on ne peut les caractéri- ser , faute de description exacte. Ils se tiennent dans des trous qu'ils font en terre, et n'en sortent guère que la nuit pour aller chercher leur nourri- ture. Chaque année, au printemps, ils descendent des montagnes en grandes troupes , et vont pondre leurs œufs dans la mer. Les habitans en sont alors fort incommodés , parce qu'ils entrent par- tout , coupent ou brisent les jeunes plantes , et font un bruit continuel. A leur retour, ils changent de peau. Avant, ils bouchent leurs terriers, afin de n'avoir pas à craindre les ennemis Crustacés. I, 17 1^4 HISTOIRE NATURELLE contre lesquels ils n'auroient point alors de défense. Ocjpode cératophtalme , Oc.ceratophtalma» Le corcelet carré , crénelé ; les yeux épais , ter- minés par une épine. , Cancer et cursor. Cancer uca. — Z/nw. Uerbst. Cane. tab. i. fig. 8, 9. P allas ^ Spicil. Zool. 9. tab. 5. fig. 71. Se trouve dans la mer des Indes. Ocypode carré , Ocjpoda quadrata. Le corcelet carré , uni , latéralement crénelé ; \Sii pinces tuberculeuses. Se trouve à la Jamaïque. Ocypode chagriné , Ocjpoda granuïata. Le corcelet carré , chagriné ; les pinces plates , sca- bres; la droite plus grande j les pattes , velues eu dessous. On ignore sa patrie. Ocjpode rhombe , Ocjpoda rhomhea. Le corcelet uni, avec une seule dent de chaque côté. On ignore son pays natal. Oojpode uni , Ocjpoda lœvis. Le corcelet uni , avec une seule deut de chaque c6té ; les pinces unies; la droife plus grande. Se trouve dans la mer des Indes. Ocypode petit , Occjpoda minuta. Le corcelet uni , avec une dent de chaque côté ^ les pinces irès-unies et égales. Se trouve à l'ile de France. DES OCYPODES. 1^3 Ocypode trident , Ocypoda tridens. Le corcelet uni , applati , avec trois dents de cha- que côté. Rahle 2.1. fig. 125. On ignore sa patrie. Ocypode d'Espagne , Ocypoda hispana. Le corcelet nni , carré ; le front lobé , émarginé , glabre. Herbst. Cane. tab. 87, fig. i. Se trouve dans les mers d'Espagne. Ocypode bourreau , Ocypoda carnifex. Le corcelet presque carré, avec des points et des stries noires très - rapprochées et mélangées verioica- lairement.; une des pinces plus grande. Herbst. Cane. tab. 4. fig. i. On ignore sa patrie. Ocypode hydrodrome , Ocyp. hydrodroma. Le corcelet uni; le bord élevé , et une dent der-_^ riére chaque œi!; le poignet avec une seule pince. Couleur jaune ponctuée de rouge. Herbst. Cane. tab. 41. fig. 2. Se trouve dans la mer des Indes. Ocypode ponctué de roux , Oc. rtifopunctata. Le corcelet applati , glabre , ponctué de roux , bidenté sur les côtés; le front à .six dents; les pattes et les pinces ponctuées comme le corcelet. Herbst. Cane. tab. 47, fig. 6. On ignore son pays natal. Ocypode orange , Ocypoda aurantia. Le corcelet sans dents sur les côtés ; le front tron- qué , émai'gino ; les pinces unies ; les pattes com- primées. jq6 histoire naturelle Herhst. Cane. tab. 48. fig. 5. Se trouve dans la mer des Indes. Ocypode trident , Ocypoda tridens. Le corcelet uni , antérieurement tridenté de clia* que côté ; le front entier. Se trouve dans les Indes orientales, Ocypode blanc , Ocypoda alhicans, Corcelet presque carré , chagriné , échancré sur les côtés du bord antérieur ; les mains ovales , héris- sées de tubercules, dentées en leur bords; les- pattes gar- nies de faisceaux de poils. Voyez pi. 4. tig. I , où il est représenté réduit de moitié. Se trouve sur les côtes de la Caroline , d'où il a été rapporté par Bosc. Yeux louguement pédoncules ; instrumens exté- rieurs de la bouche , sans poils et très-blancs. Corcelet blanchâtre , presque cubique , chagriné sur-tout en ses bords et aaterieureraeut en dessous; les bords très-entiers , excepte celui de devant qui est sinué sur les côtés , et terminé par une pointe avancée; queue unie; pattes onguiculées , applaties, blanches , fasciculées de poils eu leurs bords ; pinces hérissées de tubercules épineux , dirigés en avant ; le premier articl« triangulaire et épineux sur deux de ses arêtes ; le second arrondi et arme de deux épines. La main ovale et dentelée latéralement ; les doigts courts et tuberculeux en dedans. Cette espèce est fort voisine , mais distincte du cé- ratophtalme. Ocypode ruricole , Ocjpoda ruricola. Jjts tarses avec des faisceaux de poils ; les doigts avec deux rangs da tubercules. DES OCYPODES. 1^7 Cancer, rurîcola. Fah. Sloav. Jam. i. lab. 2. Séba , Mus. 3. tab. 20. fig. 5 Degeer. Ins.7. tab. zS. Cg. I. Herb. Cauc. tab. 3. fig. 36 , et tab. 4. fig. 87. Ca- ieiby , Carol. 2. tab. 32. Se trouve dans l'Amérique, où il est connu sous le nom de crabe de terre. Il y a probablement plu- sieUii espèces confondues sous ce nom. Ocjpode vieillard, Ocjpoda sene.v. Le corcelet avec un pli antérieur; le poignet avec une épine; les doigts dentés. Cancer. Senex. Fab. Se trouve dans les Indes orientales. Ocypode noir, Ocypoda heterocheîos. Les ccrcelet carre, rugueux, noir, avec une des pinces très • groise , brune et fortement dentée à l'intérieur. Stba, Mus. 3. tab. 18. fig. 8. Herbst. Cane. tab. I. fig. I. Margrave , Bras. pag. 184. fig. i. Se trouve dans rAmcri'jae méridionale. Ocypode combattant, Ocjpoda pugilator. Le corcelet plus large que long , trapzoïde, épai , nni en dessus ; une des pinces plus grosse , presque munie , sans dents intinneures. Margrave, Bras. pag. i85. fig. 4. Se trouve dans l'Amérique méridionale et septentrio- nale , et a été observé par Bosc en Caroline. Yeux longuement pédoncules ; corcelet trapezoïde, sinué en avant , plus large que long , trés-uni , trés- enticr eu ses bords, ponctué gris, avec une tache violette en avant, et des lignes noires parallèles aux côtés et sinuées en arrière. Pinces inégales; l'une, c'est plus souvent la droite , aussi large et deux fois plus longue que le corps ; l'autre extrêmement petite ; igS HISTOIRE NATURELLE toutes deux légèrement chagrinées. Les doigts trèj- longs , courbés en arcs et unis ; les pâtes applaties « ponctuées , grises , un peu ciliées. Ocypode trident , OcypoJa tridens. Le corcelet uni, applati, avec trois dents latérales. Herbst. Cane. tab. 21. fi g. 12.S, On ignore sa patrie. Ocypode appelant , Ocypoda vocans. Le corcelet uni, avec une seule dent de chaque côté ; les yeux rapprochés et uuideutés ; une des pinces beaucoup plus grosse que l'autre. Cancer vocans. Fab. • — Degeer. Ins. 7. tab. 26, fig. \2. Rumph. Mns. tab. 10. fig. I. Herbst. Cane. tab. i. fig. 10. Se trouve dans l'Amérique méridionale. Ocypode angulé , Ocypoda angulata. Le corcelet uni , bidenté de chaque côté ; les pinces très- longues. Cancer anguiatus. Fab. — Herbst. Cane. tab. i. fig. l3. Penn. Zool. Brit. tab. 5. fig. 10. Se trouve sur les côtes d'Angleterre. Ocypode tétragone, Ocypoda tetragona. Le corcelet, avec des faisceaux de poils sur sa partie antérieure , et deux dents de chaque côté. Cancer tetragonns. Fab, — Herbst. tab. 47. fîg. 5. Se trouve dans les Indes orientales. Ocypode carré , Ocypoda quadrata. Le corcelet uni, antérieurement uuidenté de char- qae côté , postérieurement plissé. Cancer quadratus Fab. Se trouv» dans les Indes oriçutales. 7^)/.I.J^ai7 . 23 û •cypode Diane . a . Le Dorippe noduleux 3 . le INfatute vainqTLeur' . USA DES OCYPODES. ip^ Ocypode rhomboïde , Ocjpoda rhomhoîdes. Le corcelet uni; ace épine sur la partie anté- rieure des côtés; le front tronqué. Cancer rhomboïdes. Fab. ■ — . Herbst. Cane. tab. I. fig. 12. Su2z. Hist. tab. 3i. fig. 2. Barel. Icon. tab. 1286. fig. 2 , et 1287. fig. i. Se trouve dans la Méditerranée. Ocypode petites mains , Ocjp. microcheles. Le corcelet rhomboïdal , sinué en devant ; Je pé- doncule des yeux très - long ; les pinces très-petites , égales ; leurs doigts carénés* On ignore sa patrie. GRAPSE, Grapsvs j Lamarck, Quatre antennes courtes , articulées , ca- chées sous le chaperon. Les yeux aux angles du chaperon, et à pédicules courts. Corps déprimé , presque carré , à chaperon transversal, rabattu en devant. Dix pattes onguiculées j les deux antérieures termi- nées en pinces. Les grapses diffèrent extrêmement peu des crabes avec lesquels ils ont éiê réunis par tous les auteurs. Lamarck , le premier , les a séparés d'après la 200 HISTOIRE NATURELLE. considération de la position de leurs yeux. Ils sont, en général, beaucoup plus applatis , et plus exactement car- rés que les crabes. Leurs pinces sont ordinairement plus courtes que les pat- tes ; ces. dernières sont extrêmement comprimées , et très - fortement caré- nées sur leur bord antérieur. Bosc, qui a vu beaucoup de grapses dans la baye de Cliarleston , a observé qu'ils se tenoient presque toujours ca- chés sous les pierres, sous les morceaux de bois ; et , comme ces objets sont rares dans ce lieu, tons les jours, à la retraite de la marée , il étoit sûr de trouver des grapses sous ceux où il en avoit pris la veille. Il a remarqué que, quoiqu'ils ne nagent point, ils ont la faculté de se soutenir momen- tanément sur l'eau , à raison de la lar- geur de leur corps et de leurs pattes , et cela par des espèces de sauts répétés. Ils font ce mouvement toujours de côté, tantôt à droite , tantôt à gauche, selon DES GRAPSES, 20t les circonstances. On ne les mange point, mais c'est , sans doute , parce que d'autres espèces de crabes , dont il sera question au genre portune , sont plus abondans et plus gros, car il n'a pas paru à Bosc que leur chair fût mau- vaise. Ils parviennent à une grandeur représentée par près d'un décimètre carré , et sont toujours marbrés d'un rouge de sang fort éclatant. Aussi sont-ils connus sous le nom de crabes peints dans les Antilles françaises. Un autre , qui ne vit pas positi- vement dans la mer , mais dans les rivières où elle remonte, ou mieux, sur leurs bords , car il est plus sou- vent hors que dans l'eau , c'est le grapse cendré , est encore plus abondant. Il ne s'élève pas beaucoup au-delà d'un centimètre carré , mais il est propor- tionnellement plus épais que le pre- mier. Lorsqu'il se trouve un arbre ren- versé dans les marais salés , on est certain d'en trouver dessous d'immenses 202 HISTOIRE NATURELLE quantités , quelquefois même dessus lorsque l'écorce est assez peu adhérente pour leur permettre de s'introduire entre elle et le bois. Bosc a vu un arbre , mort sur pied , qui en étoit ainsi garni jusqu'à la hauteur de deux à trois mètres. Lorsqu'ils craignent quelque danger , et qu'ils n'ont pas d'abri , ils se sauvent dans l'eau en marchant sur le côté, et en faisant un grand bruit avec leurs pattes. Les femelles de ces deux espèces de grapses ont des œufs en ventôse , épo- que où elles commencent à reparoître; car pendant l'hiver les premières res- tent au fond de la mer , et les secondes sans doute enfoncées dans la boue. Grapse peint , Grapsus pictus. Le corcelet plissé de chaque côté , antérieurement bidenté ; le front recourbé, quadriiienté sur ses côtés; le corps de diverses couleurs. Cancer Grapsus Fab. — Amoen. Acc. 4. tab. 3. fig. 10. Herbst. Cane. tab. 3. fig. 33 , 34. Catesb^ Carol. 2. tab. 36. fig, i. Séba ^ Mus. 3. tab. 18. lig. 5, 6. S« trouv» dans rAœérique méridionale. DES GRAPSES. 2o3 Grapse varié , Grapsus variegatus. Le corcelet uni, tridenté de chaqne côté; le fronî i quatre dents du chaque côté. Cancer Variegatus. Fab. Se trouve dans l'Inde. Grapse écailleux, Grapsus squammosus. Le corcelet uni , très-eniier , presque carré , avec quatre dents de chaque côté ; le front à trois lobes j les cuisses avec une seule dent. Merhst. Cane. tab. 2.Z. fig. ii3. On ignore son pays natal. Grapse strié , Grapsus strigosus. Le corcelet uni , avec des stries latérales ; le bord îiiince , bidenté derrière les yeox ; le chaperon recourbé et quadrituberculeux. Herbst. Cane. tab. 47. fig. 7. Se trouve dans la mer des Indes. Grapse tétragone , Grapsus tetragonon. Le corcelet carré , uni ; le front avec une saillie , en pointe ; les mains unies. Herbst. Cane. tab. 20. fig. iio. On ignore sou pays natal. Grapse littéré , Grapsus litteratus. Le corcelet uni , tridenté de chaque côté , avec la figure d'une H, imprimée dans son milieu j les ongles comprimés , ciliés. Cancer litteratus Fab. — Herbst. Cane. tab. 48. fig-4- Se trouve dans les Indes orientales. Grapse applati , Grapsus depressus. Le corcelet tuberculeux , à quatre dents . de chaque côté ; les antérienres frontales. 204 HISTOIRE NATURELLE Cancer depressi'S Fab. — Herist. Ganc. tab. 3. fig. 35. Peiiver Gaz. tab. 75. fig. 11. Se trouve dans la Méditerranée et sur les côtes d'A- mérique. Grapse cendré , Grapsus cinereus. Le corcelet inégal, très-entier, gris , varié de bran ; les pinces très-minces. Voyez pL 5. fig. i , où il est représenté de gran- deur naturelle. Se trouve sur le bord et dans les eaux sauraâtres de la Caroline , d'où il a été apporté par Bosc. DORIPE, Do RIPE, Fabricius, Quatre antennes ; les antérieures palpifor- nies , les extérieures sétacées. Corps dé- primé , cordiforme , plus large postérieui- rement , rétréci , mais tronqué dans sa partie antérieure. Dix pattes onguiculées; les deux antérieures terminées en pinces, €t les quatre postérieures dorsales et pre- nantes. Les doripes faisoient autrefois par^ tle du genre crabe de Fabricius , mais ils en ont été séparés, par ce Naturaliste, par suite du nouveau ti'avail sur les DES DORIPES. 205 crustacés, dont il a publié les résultats dans son dernier supplément, c'est-à- dire dans celui de 1798. Lamarck et Latreille ont adopté ce genre , qui , en effet , est pourvu de caractères parti*- liers , très-saillans. Le corcelet des doripes est géné- ralement tronqué en avant et en ar- rière, élargi postérieurement sur les côtés , et régulièrement sillonné ou ma- melonné en dessus • sa partie antérieure est presque toujours armée de six épi- nes courtes, presque égales, les deux latérales toujours cependant un peu plus grandes. Les jeux sont portés sur de courts pédicules placés entre les deux dernières épines. Les antennes sont plus ou moins courtes suivant les espèces, mais jamais très-longues. Les pinces sont généralement plus courtes que les pattes antérieures, c'est-à- dire très-petites. Ordinairement le mâle en a une plus grosse que l'autre, à ce qu'assure Fabricius. Rarement elles Crustacés. I. 18 2o6 HISTOIRE NATURELLE sont épineuses ou tuberculeuses. Les pat- tes se divisent en deux sortes. Les deux premières paires très-grandes , ongui- culées , écartées, ressemblent à celles <îes crabes proprement dits et des gen- res voisins. Les deux dernières sont de plus de moitié plus courtes , plus grêles que les autres , terminées par un ongle aigu , courbé , susceptible de se replier entièrement ; elles sont placées sur la partie postérieure et supérieure du corcelet , et peuvent parcourir une de sa surface. On présume que cette organisation des doripes leur donne des habitudes différentes des autres crustacés , et en effet, le peu que nous savons de leurs mœurs , constate que , comme les dromies, elles portent continuellement sur leur dos des corps étrangers , tels que des valves de bivalves , et peut- être des fucus , des éponges , des coral- lines , etc. , au moyen desquelles elles isont cachées aux jeux de leurs enne- DES DORIPES. 207 mis, et à ceux des animaux dont elles font leur pâture. Tantôt ces boucliers am- bulans sont immédiatement appliqués sur le dos même de l'animal , tantôt ils en sont à une certaine distance , mais toujours ils sont fortement soutenus par les pattes postérieures, au mojen des crochets dont elles sont armées. On n'a aucunes notions particulières sur les lieux qu'liabiteçt de préférence , les doripes -, mais la faculté que la na- ture leur a donnée de se cacher sous ua toit portatif, indique qu'ils n'ont pas besoin d'habiter les côtes rocailleuses , qu'ils peuvent, sans inconvéniens, par- courir les plages sablonneuses , où ils ont moins de concurrens parmi les au- tres crustacés. Doripe quadridente , Doripe quadrîdens. Le corcelet inégal, en cœur, applati, hérissé; la base de la queue à six dents. Planciis , Conch. 36. tab. 5. fig. i. Se trouve dans la mer des Indes. 308 HISTOIRE NATURELLE Doripe rusée , Doripe astuta. Le corcelet applati, en cœur , hérissé , avec quatre dents antérieures ; la queue unie. Se trouve dans la mer des Indes. Doripe chaude , Doripe caîlida. Le corcelet applati , en cœur , na , avec quatre dents antérieures ; la queue carinnée. Se trouve sur \e% côtes d'Amérique. Doripe lanugineuse , Doripe lanata. Le corcelet couvert de poils blanchâtres, avec des dents latérales ; les deux premières paires de pattes «écartées. Herbst. Can. tab. ii. iîg. 67. Se trouve dans la Méditerranée. Doripe noduleuse , Doripe noduîosa. Le corcelet chargé de tubercules arrondis et régu- lièrement disposés , ceux du milieu plus gros ; les doigts des pinces canajicnlés et régulièrement dentés en dedans. Cancer nodulosus , Oliv, Dict. — Herbst. Cane, lab. II. fîg. 70. P'oyez pi. 4. fig. 3 , où^il est représenté , presque de grandeur naturelle. Se trouve dans la Méditerranée. Doripe facchine , Doripe Jacchino. Le corcelet jaunâtre, renflé latéralement et posté- rieurement ; deux dents surnuméraires , au-dessous des antennes ; les deux premières paires de pattes écartées. Plancus , Coneh. tab. 5. fig. i. Herb. Cdac. tab. 11* fig. 68. Se trouve dans la Méditerranée. DES DORIPES. 309 Doripe macaron, Doripe mascaroni. Le corcelet alongé , brunâtre ; les pattes très écartées des pinces. Sulzer, Gesch. Der. Ins. tab. Si.fig. i. Herbst. Cane. tab. 11. fig. 69. Se trouve dans la Méditerranée. FORTUNE , PoRTUNVS , Fabncius, Quatre antennes inégales, petites , articu- lées ; les extérieures sétacées et plus lon- gues. Corps large, court, déprimé , denté sur les bords, et rétréci postérieurement. Dix pattes , dont les deux postérieures sont terminées par une lame applatie et ovale. Les portunes ont de très-grands rap- ports de forme avec les crabes , mais ils en sont distingués par des caractères très-positifs , et par des mœurs fort différentes. Tous les autres crustacés de la di- vision des queues courtes sont mar- cheurs, et ne nagent point, ou ne na- 210 HISTOIHE NATURELLE gent que par saut ; les portunes seules , nagent quand ils le veulent , et quel- ques espèces , la pélasgique en parti- culier , nagent presque continuelle- ment. Pour cela, la nature les a con- formées d'une manière particulière 5 elle leur a donné un corps large et aminci en devant, pour pouvoir fendre plus aisément le liquide , et des pattes pos- térieures disposées en nageoires pour pouvoir s'y soutenir et s'y diriger. Mais on va entrer dans la descrip- tion détaillée des parties. Le corcelet des portunes , est , en général, plus large que long, peu épais, aminci sur le devant, comme on vient de le dire , arrondi sur le derrière , et souvent armé, sur les côtés, d'une saillie plus ou moins longue , et terminée en pointe aiguë. Sa surface est rarement rugueuse , rarement velue , mais tou- jours un peu inégale. Le bord antérieur, qui fait plus ou moins le demi-cercle, est toujours dentelé régulièrement. DES PORTIJNES. 2îî Les jeux sont très-courts , renfermés dans une fossette, placée exactement sur le bord du corcelet , et leur écarle- nient est juste le tiers de ce bord. Les antennes sont placées entre les yeux ; ce sont des filets sétacés, très-déliés et fort courts. Les pièces extérieures des instrumens de la manducation ferment la bouche. Comme on a donné, dans les généra- lités de la classe et dans le plus grand détail, la description et la figure de ces parties, d'après Olivier on y renvoie le lecteur. Les pinces sont , tantôt longues , tantôt courtes , mais toujours angu- laires; le troisième de leurs articles est généralement le plus long , et presque toujours il est, ainsi que le quatrième, épineux du côté intérieur. Les pattes sont ordinairement plus courtes que les pinces , toujours très-appiaties et velues sur les côtés ■ les dernières ont toujours leur ongle extrêmement large j 2ra HISTOIRE NATURELLE extrêmement mince , et garni sur ses bords de longs poils très - serrés. Ce sont là les nageoires, comme on l'a déjà observé. Les espèces qui nagent conti- nuellement, comme la pélasgique, ont même tous les ongles ainsi conformés , miais toujours ceux de la dernière paire sont plus larges que Les autres. La queue des portunes est généra- lement plus large que celle des autres crustacés à queue courte. 11 paroît qu'ils l'emploient aussi quelquefois dans l'action de nager. Les portunes , sont par-tout , fort esti- més , comme aliment, quand ils sont gros. Le dépurateur , et le pied large de Rondelet , est communément mangé sur les côtes de l'Océan ; et , ainsi que Bosc le rapporte , l'hastate sur celles de l'Amérique septentrionale. Ce der- nier sert de nourriture journalière aux nègres , dont l'habitation est peu éloi- gnée de la mer ou des rivières où l'eau salée remonte. Ils en prennent de gran- DES FORTUNES. Il6 des quantités , à la marée montante , avec des filets en cercles attachés à un Jong bâton; filet sur lequel ils ont fixé un morceau de poisson ou de charogne. Bosc lui-même en a pris plusieurs fois, en moins d'une heure, des centaines, de cette manière. Leur chair est très- savoureuse , et généralement tendre. Cette espèce , dont les pattes antérieures sont onguiculées , marche autant qu'elle nage, mais elle nage très-bieti. Ordinai- rement ces crustacés marchent sur ies bords de la mer ou des rivières, lorsque la marée monte , pour chercher leur nourriture; mais lorsqu'elle descend, ils s'en retournent toujours nageant, parce qu'ils n'ont plus rien à trouver , et qu'ils craignent d'être laissés par le flot. Dans l'état de tranquilité ils marchent et ils nagent en avant ; mais lorsqu'ils ont quelque chose à redouter , ils se sauvent en nageant sur les côtés, même quelquefois en arrière. Pendant l'hiver, ils disparoissent de la côte, s'enfoncent 2t4 histoïhe naturelle dans la profondeur des mers , et ne reviennent que lorsque le soleil com- mence à échauffer les eaux ; alors ils sont garnis d'œufs , et sont plus estimés. Bosc en a pris dans des eaux parfaite- ment douces , mais trop peu éloignées des eaux saumâtres , pour ne pas croire qu'ils avoient été transportés, ou qu'ils y étoient allés d'eux-mêmes, car ils sortent quelquefois de l'eau pendant la nuit , à ce qu'on rapporte , pour aller chercher leur vie sur la grève. Une autre espèce , qui seroit presque aussi bien placée parmi les matutes, le portune pélasgique, a été également ob- servée par Bosc , en très-grande quantité sur les fucus qui flottent dans le grand Océan, entre fEurope et l'Amérique. Cette espèce , qui vit dans une mer sans fond , n'a probablement jamais d'autres points de repos que les fucus dont il est question. Elle nage presque continuellement , et ce , avec aisance , fet on pourroit même dire avec grâce. DES FORTUNES. 2l5 Elle peut se soutenir sur l'eau , sans se donner de mouvement appâtent, pen- dant un assez long espace de temps. Les longues épines dont son corcelet est latéralement armé , la rendent un manger dangereux pour beaucoup de poissons, et c'est probablement à l'abri de ce moyen de défense qu'elle se con- serve au milieu des ennemis qui l'en- tourent. Les matelots rapportent que ce moyen n'est pas suffisant cependant contre les tortues de mer , qui , avec leurs robustes mâchoires brisent leur test , et les avalent sans inconvénient. Ils rapportent encore que cette espèce est une des plus délicates qu'ils cou- noissent. Les portunes ont été divisés par Fabricius , en quatre sections prises du nombre des dents qu'on compte sur les bords de leur corcelet. 2l6 HISTOIRE NATURELLE ILe corcelet acec deux dents de chaque côté. Fortune vigilant, Portunus vigil. Le corcelet uni , avec deux dents de chaque coté ; les bras épineux. Se trouve dans la mer des Indes. £e corcelet avec quatre dents de chaque côté. Fortune de Rondelet , Portunus Rondeletîi, Le corcelet alongé , uni , latéralement quadridenté ; le front épineux Rondelet , Poiss, pag. 4o5 ; le large pied. Herbst, Cane. tab. 21. fig. 126. Se trouve dans la Méditerranée. £e corcelet apec cinq dents de chaque coté. Fortune pubère , Portunus puber. Le corcelet en cœur , velu , avec cinq dents ds chaque côté ; les pinces à une seule dent , noires à le ut- pointe. Voyez pi. 5. fig. 2, où il est représenté au tiers de sa grandeur naturelle. Se trouve dans la Méditerranée. Fortune dépurateur , Portunus depuratur. Le corcelet uni , avec cinq dents de chaque côté ; les pinces comprimées à leur extrémité. RumpJi. Mus. tab. 6. lîg. P. Séba, Mus. 3. tab. 18, fig. 9. Herbst. Cane. tab. 7. fig. 48. Se trouve dans les mers d'Europe. Fortune oisif , Portunus Jeriatus. Le corcelet uni, avec cinq dents de chaque côté 5 es pinces anguleuses , ovales ; le carpe à une seule dent. Se trouve dans la mer des lades. DES PORTUNES. 217 Fortune porte-lance , Portunus lancifer. Le corcelet un peu tuberculeux , avec une seule épine quadiidentée en devant ; les pattes antérieures linéaires. Se trouve dans la mer du Sud. Fortune holsate , Portunus holsatus. Le corceiet uni, avec cinq dents de chaque côté, et autant au front. Se trouve dans les mers d'Europe. Fortune velours , Portunus velutinus. Le corcelet à cinq denfs de chaque côté , et cou- vert de poils bruns ; la main avec plusieurs rangées d'épines. Pennant. Brit. Zool. tab. 4. fig. 8. Herbst. Cane, tab. 7. fig. 4g. Se trouve sur les côtes d' Angleterre. Fortune ridé, Portunus corrugatus. Le corcelet à cinq dents de chaque côté, et ridé transversalement. Pennant. Brit. Zool. tab. 5. fig. 9. Herbst. Cane. tab. 7. fig. 5o. Se trouve sur les côtes d'Angleterre. Le corcslet apec six dents de chaque côté. Fortune bimaculé , Portunus bimaculatus. Le corcelet ovale , avec six dents et une grande tache rouge de chaque côté. Herbst. Cane. tab. 18. fig. loi. On ignore d'où il vient. Fortune six dents, Portunus sex dentatus. Le corcelet avec six dents de chaque côté ; le front Ùl huit dents ; les pinces épineuses. Crustecéi. I. 19 2l8 HISTOIRE NATURELLE Cancer sex dentatus. F ah. — Riimph. Mus. tab. 6. fig. P. Peliver Gaz. Opt. tab. i. fig. 6. Hej-bsl. Cane. tab. 7. «g- 52, et 8. fig. 55. Se trouve dans l'Inde. Les figures de Herbst an- noncent deux espèces distinctes. Fortune sanguinolent, Por. sanguinoîentus. Le corcelet à six dents de chaque côté , et granulé âe ronge ; le front à huit dents ; les pinces épineuses , granulées de rouge , ainsi que les pattes. Herbst. Cane. tab. 40. fig. i. Se trouve dans l'Inde. Le corcelet uni , avec six dents de chaque côté ; le front à huit dents; les pattes anuelées de violet. Se trouve dans la mer des Indes. Fortune varié , Portuiius variegatus. Le corcelet en cœur , velu , avec six dents de chaque côté ; la dent postérieure plus grande ; le front à huit dents ; les pinces épineuses. Se trouve dans la mer des Indes. Fortune velouté , Portunus Jiolosericeus, Le corcelet en cœur , velu , avec six dents de chaque côté ; le front à huit dents ; les pinces épi- neuses. Se trouve dans la mer des Indes. Fortune tronqué , Portunus truncatus. Le corcelet en cœur , velu , avec six dents de chaque côté ; le front tronqué , à huit dents. Se trouve dans la mer des Indes. Fortune porte-croix , Portunus crucifer. Le corcelet presque uni , à six deats de civique DES FORTUNES. 2I§ côté ; la deruière émarginée ; le front à huit dents. Se trouve dans la mer des Indes. Fortune lucifer , Portunus lucifer. Le corcelet presque uni , à six dents ; le front à huit dents ; les doigts roux , noirs à leur extrémité. Se trouve dans la mer des Indes. JLe corcelet auec neuf dents de Ghacfue côté. Fortune tranquebarique, JP. tranquelarîvus. Le corcelet uni , avec neuf dents égales de chaque eôté. Se trouve dans la mer des Indes , où il se mange. Fortune hastate, Portunus hastatus. Le corcelet rugueux , avec neuf dents de chaque «ôté ; la dent postérieure plus grande ; le front à quatre dents ; les dents égales. Se trouve dans les lies de l'Amérique. Fortune armiger, Portunus armiger. Le corcelet presque uni , avec neuf dents de chaque côté; la dernière plus grande; le front à cinq lobes ; les bras dentés de chaque côté. Se trouve dans la mer du Sud. Fortune gladiateur , Portunus gladîator. Le corcelet velu , avec neuf dents de chaque côté ; la dernière plus grande ; les pinces tachées de rouge. Se trouve dans les mers d'Asie. Fortune pélasgique , Portunus peîasgicus. Le corcelet uni , avec neuf dents de chaque côté j ïa dernière plus grand» ; les pinces en prisme à plu- sieurs angles. ^20 HISTOIRE NATURELLE Degeer. Mus. 7. tab. 2.6. fig. 8. Rumph. Mus. tab. 7. f g. R, Herbst. tab. 8. fig, 5. Ployez j)l. 5. fig. 3, qni la représente réduite des trois quarts. Se trouve dans îa haute mer parmi les fucus. Fortune sanguinolent 5 Por. sanguinolentus. Le corcelet uni , avec neuf dents de chaque côté ; îa dernière plus grande, testacéej trois taches rouges sur le bord postérieur. Berbst. Cane, tab 8. fig. 56, 57. Se trouve dans la mer des Indes. Fortune défenseur , Portunus defensor. Le coi'ceîet uni , avec neuf dents ; la dernière courte ; le front à quatre dents ; les intermédiaires très-courtes. Se trouve dans la mer du Sud. Fortune hastatoïde , Portunus hastatoides. Le corcelet velu , inégal , avec neuf dents de chaque côté ; la dernière phis grande ; la partie posté- rieure avec une dent de chaque côté. Se trouve dans les mers de l'Inde. Fortune tennaille , Portunus forceps. Le corcelet uni , avec neuf dents de chaque côté; la dent postérieure plus grande ; les doigts très-longs et filiformes. Se trouve dans l'Océan. Fortune pontique , Portunus ponticus. Le corcelet inégal , avec neuf dents de chaque côté / la dernière plus grande; les pinces filiformes ; les doigts très cGiins. Se trouve dans la mer des Indes. PI, ô. De^eve del . 2)upin ifcu^ ■ Gr< 1. . -Ue n. Jam. tab. 42. fig. 3. Se trouve dans les îles Antilles. Leucosie fugace , Leucosiajugax, Le corcelet oblong, avec trois dents postérieures la deni du milieu plus longue et recourbée; les doigts des pinces denks. Herbsl. tab. 2. fig. i5 , 16. Riimph. Amb. tab. lO, Sg. c. Se trouve dans les Indes orientales. DES LEUCOSIES. 2^7 Leucosie noix , Leucosia nucleus. Le corcelet orhicalaire , avec deux épines posté- rieures ; les bras granuleux. Sulz. Hist. Ins. tab. 3l. fig. 3. Herbst. Cane tab. 2.. fig. 14. Voyez pi. 6. fig. 4, où elle est représentée un peu plus petite que nature. Se trouve Jans la PJéditerranée. Leucosie à sept épines, Leucosia 7 spinosa. Le corcelet avec une épiny alongée et très-aiguë de chaque côté, et avec cinq épines postérieures. Herbst tab. 20. fig. I12. Se trouve dans la mer des Indes. Leucosie hérisson , Leucosia erînaceus. Le corcelet ovale , très-épineux; les épines margi- nales plus longues et dentées j les bras épLueax. Herbst. tab. 2.0. fîg. m. Se trouve dans ia mer des Indes. Leucosie cylindrique , T^eucosia cjlindrus. Le corcelet à deux sillons; les côtés dilatés, C3''- lindriques , avec ane épine à leur extrémité. Herbst. tab. 11. fig. 2g, 3o , 3i. Se trouve dans la mer des Indes. Leucosie scabriuscule , Leucos.scahriuscuïa. Le corcelet applati , couvert d'aspérités ; lo front émarginé. Se trouve dans les Indes orientables. Leucosie balle , Leucosia pila. Le corcelet globuleux , avec une dent élevée dans son milieu , et le bord crénelé et denté. Se trouve dans la mer des Indes. 2.Z3 HISTOIRE NATURELLE Leucosie double ëpine^ Leucosia hispinosa. Le corcelet uni, portant deux épines de chaque côté et quatre dents au front ; les pinces épineuses et dentées. Eerbst. Cane. tab. 6. fig. 45. On ignore sa patrie. Leucosie globuleuse, Leucosia glolulosa. Le corcelet uni , presque crénelé ; la queue avec deux nodosités à sa base ; les bras couverts d'aspérités. Se trouve sur la côte de Malabar. Leucosie craniolaire , Leucosia craniolaris. Le corcelet uni , très-entier , ovale , uni , antérieu- ment épais , à trois dents ; les pinces unies. Peiiver, Gazopli. tab. 9. fig. 3. Rump?i. Mus. tab. 10. fig. A, B. Séba, Mus. 3. tab, 19. fig. 4, IC. Herbst. Cane. tab. 2. fig. 17. Se trouve dans l'Inde , et fréquemment fossile e» Europe. Leucosie résidu , Leucosia residuus. Le corcelet, presque rond; le front émargiué des deux côtés. Merbst. Cane, tab, 48. fig. i. On ignore sa patrie. Leucosie porcelaine , Leucosia porceUana. Le corcelet uni , ovale , antérieui-ement obtus ; les bras granuleux. Herbst. Cane. tab. 2. fig. 18. Séba ^ Mus. 3. tab. 19. fig. II , 12. Se trouve dans la mer des Indes, Leucosie plane , Leucosia planata. Le" corcelet orbiculaire applati ; les côtés à deux dents ; le front à trois dents. Se trouve à la terre de feu. PI. ô\ Dea-eve del. Dupin ifculp. 1 . La Di'oiiiïe de RxuiipliÎTi! 2. l'a. Poi'cellaiie g-alatliine . 3 . La Piuotliei^e pîîiii 4.- La Leiicosie noix opli-yll i DES LEUCOSIES. 2Ô() Leucosie treillis , Leucosia cancellus. Le corcelet uni , denté tont-au-tour ; les mains tranchantes sur leurs bords. Herost. Cane. tab. 2.. fig. 21. On ignore son pays natal. Leucosie canard , Leucosia anas. Le corcelet uni , globuleux , denté tout autour ; les mains unies ; les doigts tranchans. Herhst. Cane. tab. 2. fig. 19. On ignore son pa^'s natal. PINNOTHÈRE, Pinnotheres , Latreille. Corcelet crbiculaire ou carré , à angles ar- rondis. Yeux situés entre les angles laté- raux et le milieu du bord antérieur. Qua- tre antennes à peine visibles dans l'entre- deux. Dix pattes onguiculées ; les deux antérieures terminées en pinces. Les pinnothères diffèrent sans doute fort peu des crabes et des grapses ; mais enfin elles en diffèrent, et leurs mœurs 240 HISTOIRE NATURELLE les en éloignent si fort, qu'on est dis- posé à chercher à les en séparer, plutôt qu'à les y réunir. On verra par la suite que les pagures a vaut été privés , par la nature, du test qui recouvre la queue des autres crusta- cés , ont obtenu d'elle l'industrie de s'emp^.rer des coquilles univah^es vides, et d'y cacher les parties postérieures de leur corps. Les pinnothères ne sont privées d'aucune partie de leur test; mais ce test est si peu solide , que si elles n'avoient pas de moyens pour se mettre à l'abri des attaques de leurs ennemis , elles seroient toutes dévo- rées , et bientôt leur espèce anéantie. C'est dans les coquillages bivalves vivans que les espèces de ce genre trouvent la retraite qui convient à leur foiblesse. Elles s'y logent donc , et y vivent en bonne intelligence avec le propriétaire. Les anciens , et nom- mément JVristote et Pline, qui avoient connoissance de ce fait, croyoient que DES PINNOTHÈRES. 24Ï ce petit crustacé naissoit avec l'animal de la pinne , car c'est dans cette co- quille qu'on l'a d'abord observé , pour sa conservation , en lui servant de gar- dien. Ils ont imaginé que, pendant que la pinne , qui est sans jeux , et n'est pas douée d'un sentiment fort exquis , a les battans de sa coquille ouverts , il j entre des petits poissons , et qu'elle en est avertie par une légère morsure 5 enfin que, fermant sa coquille, ils se trouvent pris , et qu'ensuite la pinne et son hôte se partagent le butin. C'est d'après cette opinion qu'ils ont imposé le nom de pinnolhère ou de pinnophj- lax, à ce crustacé. Plusieurs Naturalistes modernes , LinncEus même , ont cru à la réalité de cette histoire ; mais actuellement qu'on sait que la pinne ne vit pas de chair , qu'elle ne peut fermer complè- tement sa coquille, qu'on ne trouve pas des pinnothères dans toutes , et qu'on en rencontre également dans les mou- Crustacés, T. 21 a42 HISTOIRE NATURELLE les , les huîtres , etc. , on la repousse comme apocryphe. Le fait n'en reste pas moins vrai , n'en prouve pas moins la grande fécon- dité de la nature dans les moyens qu'elle emploie pour conserver les espèces que leur foiblesse met le plus dans le cas d'être détruites. On trouve fréquemment de ces pinnothères dans les moules que Ton mange à Paris, et on peut s'assurer qu'elles sont toujours dans un état analogue à celui où est une écrevisse qui vient de changer de peau. Du reste, on n'a aucune notion sur la manière d'être des espèces de ce genre. Il est probable qu'elle ne diffère pas beaucoup de celle des cra- bes et des grapses. Ily a quelques motifs de croire que ce genre est nombreux eh espèces; mais elles sont peu connues, leur petitesse et leur mollesse ne permettent pas de les conserver dans les collections d'une manière utile , de sorte qu'elles ne peu- DESPINNOTHÈRES. 243 vent être étudiées que sur le vivant. Il est même douteux que toutes celles que l'on indique ici, excepté les deux premières , lui appartiennent réelle- ment; mais au moins elles en appro- chent infiniment. Les pinnotlières sont , en général , globuleuses et unies; leurs pattes sont courtes , et leur queue fort large. Pinnothëre des anciens , Pinnother. veterum. Le corcelet très-uni , applati en avant ; la queue noduleuse et carennée en son milieu. Jonst. Exsang. tab. 2.0. fîg. 3. Se trouve dans les coquilles de pinnes , dans la Médi- terranée et dans l'Inde. Pinnothère pinnophyle , Pinn. pinnophjlax. Le corcelet orbiculaire , inégal j les deux dernières paires de pattes , presque dorsales. Herhst. Cane. tab. 2. fig. 27. Voyez pi. 6. fig. 3 , où elle est représentée de gran- deur naturelle. Se trouve sur les côtes d'Amérique dans la Chame Lazare. Pinnotlière pois , Pinnotheres piswn. Le corcelet rond, uni, entier, obtus; la queue de la largeur du corps. Cancer pi sum Fab. — P ennant ,Zqq\, Brit. 4. tab. T, fig. I. Se trouve dans les mers d'Europe, 2.44 HISTOIRE NATURELLE Pinnothère petite, Pimioi/ieres rniTiutus. Le corcelet uni, très - entier , presque carré j h-s bords amincis ; les pieds comprimés. Cancer minutus Fab. — B aster , Sub. 2. tab. 4. fi^. 12. Pennant, Zool. Btit, 4. tab, i. fig. 12. Herhst. Cane. tab. 2.. fig. 32. Se trouve fréquemment dans la haute mer. Pinnothère pusille , Pinnothei-es pusîUus. Le corcelet uni, carré, très-entier j le tarse à unef seule dent. Cancer pusi'niis, Fab. Se trouve dans la mer du Nord. Pinnothère très-glabre , Pinnot. glaherimus. Le corcelet applafi , entier ; le front tronqué , den- telé; les pieds unis; une grande tache blanche ou bleue. Herbst. Cane. tab. 20. fig. 11 5. Se trouve dans la haute mer sur les fucus , où elle a été observée par Bosc. Elle se rapproche beaucoup du pinnothère pusille. Pinnothère ferrugineuse, Pinn.J'errugîjieus. Le corcelet globuleux , ferrugineux , à quatre dents ; le front tronqué. Herbst. Cane. tab. 21. fig. 127. On ignore sa patxie. Pinnothère plissée , Pinnotheres pllcatus. Le corcelet uni, plissé des deux côtés, avec quatre dents sur le devant. C'Vicer fllcatiis. F ah. Se trouve dans la mer de la Chine. Pinnothère six pieds , Pinnotheres sexpes. Le corcelet uni . très-entier ; le front émarginé ; six pieds. DES- PINNOTHÉRES. 24;) Cancer sexpes. Fab. Se troave dans la mer des Indes. Pinn. demi- cylindrique , P. semicjliiidnis. Le corcelet uni, très-entier j le front recoiub»^ , bifide. Cancer semîcjUndricus. Fab. Se trmive dans la mer des Indes. Pinnothère oreillée , Pinnotheres auritus. Le corcelet antérieuremeut a une seule épine ; le dos canaliculé ; le test mollasse. Cancer auritus. Fab. Se trouve en Islande. MA.TA, Maja, Lamarck. Quatre antennes ; les inférieures palpifor- raes;les extérieures sétacées. Corps ovale, conique , plus large postérieurement, ré- tréci en pointe dans sa partie antérieure. Dix pattes onguiculées. Lamarck a réuni , sous ce nom , deux genres que Fabricius avoit établis, dans son supplément , aux dépens des crabes des premières éditions de son En- tomologie , genres qui , en effet, ne sont 346 HISTOIRE natuhellî: pas pourvus de caractères assez impor- tans, pour être conservés ainsi qu'on peu t s'en convaincre par l'analyse des parties essentiellement consacrées à les fournir. Ces genres sont appelés parthenope et inachus. Tous deux sont généralement composés d'espèces à corps globuleux , pointus en avant , ou triangulaires , sur- chargé d'aspérités de différentes for- mes ; mais celles du premier ont des pinces dont les jambes et les cuisses sont démesurément longues , grosses et tu- berculeuses, tandis que, chez celles du second, ces mêmes parties sont plus courtes que les pattes, et bien moins hérissées. Ce qui fournit à Lamarck deux divisions dans son genre , qui , quoique peu précises sont dans le cas d'être adoptées. Latreiiie a encore tiré du genre de Lamarck, ou mieux, des inachus de Fabricius , un autre genre qu'il a appelé macrope, mac/'o^xfj, dont le caractère est d'avoir un corcelet triangulaire, I>ES MAJA. 247 terminé en bec , souvent 4rès-pointii , et en aiène. Yeux saillans et décou- verts. Antennes intermédiaires décou- vertes , courtes et bifides. Pièces ex- térieures , fermant la bouche , à tiges alongées; l'interne ayant le second ar- ticle terminé en pointe. Ce genre est fondé sur de bons ca- ractères , et renferme des espèces fort remarquables par leur pointe antérieure et par leurs pattes excessivement lon- gues et très-menues 5 mais la difficulté de les séparer des maja, dont quelques- uns ont la même apparence n'a pas per- mis de remployer ici. Ce même Naturaliste a remarqué que les yeux du maja vulgaire, cancer maja, Linn. éloient si rapprochés qu'ils se touchoient presque, et que les an- tennes leur étoient, par conséquent, ex- térieures. 11 en conclut que cette es- pèce seroit peut-être encore dans le cas de faire un nouveau genre. Les maja ne sont point rares dans 248 HISTOIRE NATURELLE Jes mers d'Europe; mais cependant leur histoire est fort peu connue. C'est dans les lieux pierreux, et va?eux en même temps , qu'ils se plaisent. Ils sont ga- rantis de la recherche de leurs enne- mis par leur forme semblable à une pierre hérissée d'aspérités , couverte de fange, et de leur attaque par la dureté de leur test. Dès que ces crustacés crai- gnent un danger , ils se blottissent contre une pierre , et attendent dans la plus absolue immobilité qu'il soit passé ou qu'il agisse sur eux; dans ce dernier cas , ils cherchent à se défendre avec leurs pinces comme la plupart des autres crustacés. Parmi eux , il en est une connue des Français , sous le nom d'araignée de mer , à raison de ses longues pattes , qu'on dit avoir la pro- priété de faire sortir du dessous de son corps de petites vessies , et de les enfler comme les grenouilles enflent celles des côtés de leur bouche. Ce fait a besoin d'être confirmé par des obser- DES MAJA. 249 valeurs instruits; il n'est connu que par des rapports sur lesquels on ne peut pas absolument compter. C'est de la Méditerranée que vien- nent la plus part des espèces de maja ; malgré leur nombre , il en est encore plusieurs de cette mer , qui ne sont pas connues des Naturalistes , mais que Bosc se souvient d'avoir vu , et même possédés. Les maja se mangent , mais leur peu de grosseur et la dureté de leur test les font peu rechercher. Les anciens ont connu quelques es- pèces de ce genre. Une d'elle, la squi- nado, passoit pour être le modèle de la sagesse, et pour aimer la musique. Elle étoit, en conséquence, pendue, comme emblème, au cou de la Diane dEphèse. ^ pinces longues et épaisses, Maja macrochelos, Maja macrochelos. Le corcelet en cœur , tuberculeux , sillonné , laté- ralement denté î les pinces très - longues , dentées, granuleuses. 25o HISTOIRE "NATURELLE Séha , Mus. 3. tab. 20. fig. 12. Herb. Cane, tab, i^ Sg. I07. Se trouve dans la Méditerranée. Maja hérissonné, 3Iaja echinatus. Le corcelet ea cœur, couvert de verrues et de tubercules , epincux en ses bords ; les pattes et les pinces épineuses et turberculeuses. Herbst. Cane. tab. 108 et 109. Se trouve dans le mer des Indes. Maja parasite , Maja pansor. Le corcelet en coeur , un peu épineux ; les côtés dentés, et deux grosses épines à leurs extrémités; les pinces très-longues et très-épineuses. Herbst. Cane. tab. 41. fig. 3. On ignore sa patrie. Maja voûté, Maja fornîcata. Corcelet inégal ; l'angle postérieur dilaté et en voûte. Parthenope fornîcata. Fàb. Se trouve dans les Indes. Maja girafiPe, Maja gîraffà. Le corcelet épineux ; les épines rameuses ; les pinces très-lougues , tuberculées en dessous. Parthenope girajfa. Fah. Se trouve dans les Indes orientales. Maja longue main, Maja longimana. Le corcelet épineux ; les épines simples; les pinces très-longues , unies en dessous. Parthenope longimana. ■ — Fab. Rumvh. Mus. tab. 2.. fig. 2. Petiv. Amb. tab. 2. fig. l5. Séha, Mus. I. tab. 20. fig. 12. Herbst. tah. 15. fig. io5» 106. DES MAJA. Sbi ployez pi. 7. fig. I , cù il est représenté réduit des deux tiers. Se trouve dans les mers d'Asie. Maja horrible , Maja horrîda. Le corcelet aiga , noueux ; les pinces ovales ; la queue cariée. Parthenope horrida. Fab. — Petîv. Amb. tab. i , fig. 7. Riimph. Mus. tab. 9. fig. i. Herbst. Cane, tab. 14. fig. 83. Se trouve dans les mers d'Asie. Maja lar , Maja lar. Le corcelet inégal , à quatre dents j les bords épi- neux ; les pinces unies. Parthenope lar. Fab. Se trouve dans l'Inde. Maja vulgaire , Maja vulgaris. Le corcelet épineux ; les pinces ventrues , épi- neuses ; les doigts hérissés par des pinceaux de poils. Parthenope ma] a. Fab. — S(^ba , Mus. 3. tab. 18. fig. 10, et tab. 22. fig. I. Herbst. Cane. tab. i5. fig. 87. Se trouve dans les mers du Nord. Maja douteux , Maja dulia. Le corcelet uni ; les pinces comprimées, ciliées ; les pattes postérieures très - courtes et relevées sur le dos. Parthenope dubia. Fab. Se trouve dans la mer d-es Indes. Maja héros , Maja héros. Le corcelet en cœur , antérieurement granuleux et denté ; le rostre bifide et épineux ; les doigts d»s pinces courts. Herbst. Cane. tab. 43. fîg. 2. Se trouve dans la mer des Indes. 202 HISTOIRE NATURELLE Maja barbue , Maja larlata. Le corcelet carré, antérieurement très -épineux ; les antennes très-longues ; les pattes parsemées de gros faisceaux de poils roux. Herhst. Cane. tab. 42. fig, 3. Se trouve dans la Méditerranée. y4. pinces longues et^filîjormes . Maja scorpion, Moj. Se trouve dans la Méditerranée. Maja cornu ^ Maja rostrata. Le corcelet velu , presque en coeur, avec deux longues épines sur le dos ; les mains oblongues et comprimées. Penn. Brist. Zool. tab. 9. fig. 17. Jonst. Exsang. tab. 6. fig. i3, 14. Rondelet, pag. 411, l'Araignée de mer. Berhst. Cane. tab. 16. fig. 92. Se trouve dans la mer du Nord et la Méditerranée. Maja séticorne , Maja seticomis. Le corcelet en cœur , inégal ; le rostre très- alongé et terminé par une soie trois fois plus lon- gue que lui ; les pinces et les pattes très-longues. Herlst. Cane. tab. 16. fig. 91. Voyez pi, 7 , fig. 3 , où il est représenté au tiers de sa grandeur naturelle. Se trouve dans la Méditerranée, Maja crapaud , Maja lufo. Le corcelet en cœur , rugueux et nodulenx ; le rostre bifide, avec une grosse dent derrière les yeux. Herbst. Cane. tab. 17. fig. 95. On ignore son pays natal. Les pinces cylindriques , médiocres. Maja muriqué , Maja muricata. Le corcelet hérissé , inégal ; une ligne dorsale avee deux épines de chaque côté;, quatre épines marginaleï; les pattes hérissées. Inachus muricatus. Fab.—Iîerhst. Canc. tab. 12. Cg. 75 , 76. Se trouYe daas les Indes orientales. Fo7.I'JPa^.24à. ^1^ 1 . Le Alaia loiio^xieiua 1. Le Maia seùcoiuie 5 . Le M ai a squaiiado TY ro7./.i>a(^. 2â^. PI . 8 De^eve Jel Xete/Ner ifcuip . 1 . Le jNIcTja loiiQ^icoriLe 2- . Le IMaia, lierisson . 'TY 3A DES MAJA. 2JÔJ Inachus corniitus Fab. Se trouve dans les mers d'Europe. Maja araignée , Maja aranea. Le corcelet inégal ; les bords crénelés des deux «ôtés , antérieurenicnt dilatés el aigus. Inachus erinaceus. — Jonst. Exsang. tab. 5. fig. i3. Fenn. Zoo]. Brist. 4. tab. 9. fig. 16. Herlst. tab. i3. fig. 81. Se trouve dans les mers d'Europe. Maja squinado , 3'laja squinado. Le correîet ovale , inégal , granuleux , avec sept grandes épines de chaque côté , hérissées de poils \ !• front à deux épines ; les pieds ve'us. Rcnde2et . Hist. des poisson* , fii?. 402. Jonst. Exs. tab. 5. fig. 5. Séla , ftj'ns. tab. 18. fig. 2, 3. Petiv. Gazoph. I. tab. i55. fig. z. herbst. Cauc. tab. i^. fg. 84, 85. Voyez pi, 7. fig. 2 , qui le représente à moitié d« sa grandeur naturelle. St trouve dajas la Méditerranée. Maja ours , Maja ursus. Le corcelet ovale , granuleux avec neuf épines iné- gales de chaque côte ; le front avec deux épines obtuses. Le tout couvert de poils , excepté les pinces. Herbst. Cane. tab. 14. fig. 86. Se trouve dans les mers de l'Europe méridionale. Maja supercilieuse_, Maja supercilîosa. Le corcelet pyriforme , avec cinq épines de cha- que côté; les oculaires trifides ; le front bifide. Séba , Mus. 3. tab. 18. fig. 11. Se trouve dans la mer des Indes. Maja spinipe , Maja sphiipes. Le corcelet ea cœur , velu , épiueu-x en ses bords ; :î58 histoire naturelle. les bras et les cuisses avec de grosses épines; les aains nodaleuses ; les doigts excavés et denticulés. Herbst. Cane. tab. 17. fîg. 94. Se trouve dans les mers d'Amérique. Maja pipa , Maja pipa. Le corcelet presque en cœur , inégal , nodulenx; le iront obtus; les pattes et les pinces couvertes d'é- pines très- fi nés. Séba, Mus. 3. tab. 58, fîg. 7. Herbst. Cane. tab. 17. fig. 97- Se trouve dans la mer des Indes. Il porte ses œufs sur le dos comme le crapaud pipa. Maja bilobé , Maja lilola. Le corcelet ovale , épineiix en dessus et sur les côtés ; le front saillant , biloba , épineux et tuber- «.nileux. Rumph. Mus. tab. 8. fig. i. Herbst. Canc. tab. 18. fig. 98. Se trouve dans la mer des Indes. Maja hispide , Maja hispida. Le corcelet en cœur , épineux en ses bords ; le front bifide ; les pattes et les bras hérissés d'épines , îes mains unies. Herbst. tab. 18. fig. lOO. On ignore sa patrie. ÏIN DU TOME PREMIXR. 1